Comment se barrer vite de la Terre pour s’installer une autre planète ?

Que tu sois Pandinou ou Pandinard, que tes griffes soient affutées ou émoussées, nous sommes logés à la même enseigne : tôt ou tard, nous quitterons la Terre et c’est le contexte qui déterminera les conditions de départ. Partir dans l’urgence pour survivre à un cataclysme ou tranquillement s’envoler, poussés par la curiosité : le frein principal reste le pognon. Envoyer 500 grammes en orbite coéte 10 000$, une équipe et du matériel jusque Mars c’est autour de 200 milliards de $ (à la louchette). Donc pour se balader comme Buzz L’Eclair, vers l’infini et l’au-delà, je crains que vendre ses rognures dÔongles ne soit pas suffisant. Néanmoins un paquet de recherche a déjà eu lieu sur le sujet.

Si George le magnetar se pointe demain, comment ferait-on pour se barrer le plus vite possible?

Le principe est le suivant : fabriquer une arche, la remplir de gugus et envoyer le colis dans l’immensité du cosmos avec une belle étiquette rouge « FragileÈ. Bien sér, réaliser un truc pareil entraine un tas de questions, notamment la plus importante : comment appréhender le voyage avec un type qui pue des pieds jusque derrière les oreilles ? Du coup simplifions, on va viser le gros gibier niveau interrogations : du rhino, du massif. Pour commencer, parlons du fantasme spatial par excellence: LE VAISSEAU.
 

La Propulsion
 

Les grands pontes de la physique planchent encore sur le sujet et les idées sont nombreuses. Si on devait en citer quelques unes, je choisirais celles-ci : le moteur à antimatière, la fusée plasma, la voile solaire et le projet Orion. Jetons un coup d’œil aux options. L’antimatière : en occultant qu’on est très loin d’en produire suffisamment, elle pourrait être utilisée comme un super carburant. C’est une réaction énergétique avec un rendement de 100%, elle marche comme ça :

Antimatière + matière = rien + méga énergie

Tu vois le « rien » là ? C’est chiant. Antimatière et matière s’annihilent totalement dans la réaction. L’harmonie avec l’étiquette « fragile » est plutôt naze. Au moindre contact de l’antimatière avec le vaisseau : boum ! Ta collection de slips réduite en cendres, 27 ans d’efforts foutus en l’air et tes larmes n’y changeront rien.

Le plasma s’obtient en électrifiant un gaz. On appelle ce principe la propulsion électrique et elle permet de tutoyer Flash en éjectant de la purée d’atomes extrêmement rapidement. Le plasma ne compte pas quand il aime, il existe même un projet pour aller sur mars en 39 jours. Hélas, pour aller faire le zouave en dehors du système solaire, il possède le même problème que les moteurs-fusée : plus tu vises loin, plus il te faut de carburant et plus t’es lourd, plus tu consommes. Echec et mat. Plus t’as de carburant plus il t’en faut. Merde. Le chat se ronge la queue Billy-Bob, trouvons autre chose.

La voile solaire ? Pas mal, ça peut aller très très vite. Energie renouvelable, elle fonctionne gr?ce au soleil ou plus précisément gr?ce à la pression des photons, comme un voilier. Mais si tu passes en rase campagne stellaire, sans étoile à proximité : panne sèche. C’est la dépression te foudroyant au milieu du front. Ziourf.

Reste le projet Orion. Concept né en 1947 puis développé dans les années 1960, porté par Freeman Dyson, un nom héro?que pour un homme sans limites. Ce projet génial s’explique très brièvement ainsi.

Non je déconne. Je vais vous faire des beaux schémas. Le truc avec le projet Orion c’est qu’il semble avoir été réalisé par la classe de CM2 de Boulzicourt. Voyez plutôt.

Etape 1 : in the mood for love
 

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Etape 2 : le pic de Dante
 

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Etape 3 : Mad Max
 

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Voilà. Vous avez compris. Le projet Orion, c’est faire péter des bombes nucléaires au cul d’un tampax avec applicateur vaisseau pour le faire avancer. Je ne retiendrai qu’une chose : parmi toutes les technologies recherchées afin d’atteindre les étoiles, ceci est actuellement le meilleur système auquel nous avons pensé.

Bon en vérité, c’est surtout le plus réalisable avec les moyens actuels. Mais sachez que ce corniaud serait capable d’atteindre 7 % de la vitesse de la lumière. Rappelons que l’objet le plus rapide crée par l’homme, c’est Helios 2, balourdé dans l’espace en 1976. Il turbine à 252 000 km/h ce qui nous fait 0.02% de la vitesse de la lumière. Alors ? Solide ou bien ?
 

La carlingue
 

Parlons un peu de Michel. Michel est astronaute. Il est entrainé, curieux, brillant. Et je ne dis pas ça pour ses cheveux gras. Il est chirurgien et plutôt velu en géologie, biologie, mécanique et électronique. Il fait pas rigoler. Pourtant, après 3 mois en station orbitale, Michel ne serait pas foutu de se tenir sur ses deux guitares. Décalcification des os, atrophie des muscles, l’homme ne peut se passer des conditions terrestres, il pourrait même perdre la vue. Dans l’espace une naissance serait sans doute impossible. Plutôt con vu la nature du voyage. Du coup il faut simuler la gravité terrestre. Fastoche. 

Tu l’as peut être vu dans Interstellar et dans un paquet de films de SF : il s’agit de faire tourner un cylindre, pour créer une gravité artificielle en utilisant la force centrifuge. On l’appelle cylindre O’Neill. Tu comprends maintenant mon design au luxe graphique insolent. A peu près 40 tours par heure seraient suffisants pour simuler la pesanteur terrestre. Pour caler 250 000 cornichons à l’intérieur, comptez un bocal de 24km de long pour 3 km de large. Deux autres options sont toutes aussi viables, la sphère Bernal et le Torus Standford. Mais on ne va pas non plus se taper toutes les formes de bocaux.

Pour garder les cornichons en forme et bien verts, il faut : du vinaigre, des aromates et un peu de sel. Ce qui pour nous se traduit par : de l’air, de l’eau et de la bouffe. J’ajouterais aussi la lumière, car comme dit le célèbre proverbe: « Cornichon sans lumière n’est que Dragon sans flammes. » Et avouez-le, quoi de plus triste qu’un dragon sans feu. Mais revenons à notre liste : Bonne nouvelle. L’eau et l’oxygène c’est proche, chimiquement parlant. Electricité + eau = oxygène IZY. Dans le principe, c’est grosso modo ce que font les plantes par la photosynthèse. Et on a une centrale nucléaire à bord. Nous avons donc l’air et l’eau.

Reste la bouffe. Bon, j’entends déjà grincer des dents : pas de bidoche dans l’espace, à produire ça pompe plus d’eau qu’un Shadock du cosmogol999. Nous aurons de l’algue aromatisée au cheese burger les enfants. Ou des insectes. Je vote pour des insectes aromatisés à l’algue, c’est mon côté esthète. Le tout sera estampillé OGM bien sér, la salade de l’espace doit pouvoir encaisser les radiations stellaires.
 

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OUKONVA LOL ?
 

Il nous faudrait bien sér une planète susceptible de nous accueillir. L’hypothèse est la suivante : La Terre est la seule planète où nous sommes sérs que la vie est possible, rechercher une planète proche de la nôtre reviendrait à trouver une seconde maison. Pour une nouvelle Terre abritant la vie, plusieurs conditions sont à remplir. Mais étant donné que deux d’entre elles valident presque toutes les autres, je vous épargnerai la liste complète. Pour filer droit, nous avons besoin :

1 – d’eau liquide

Indispensable à la vie la flotte. Notre cornichon il a l’air de rien mais il est super complexe. Il y en a des gros, des petits, des acides, des sucrés et pour obtenir un être aussi impressionnant, il a fallu en mélanger des molécules, il en a fallu du temps d’évolution. L’eau c’est son truc. Elle possède des propriétés uniques dans l’art du cocktail. L’eau c’est une barmaid. Elle accélère les réactions entre éléments chimiques, les transforme, les mixe ensemble et parfois la vie apparait. C’est une barmaid doublée d’une DJ. Pas étonnant qu’elle se soit rendue indispensable.

2 – d’une atmosphère sympathique

En gros de l’air. On n’y échappe pas, comme la pl?trée de p?tes quand on rentre tard le pied maladroit. Aussi sér que les p?tes absorbent, l’air nous remplit. Si, en plus, on trouvait une planète déjà vivante ça serait roulade impériale. Pour ça il y a des tips. Si on décèle oxygène et méthane par exemple c’est pas mal. Ces deux gaillards sont très réactifs entre eux, et donnent de l’eau. Donc si on observe leur présence, ça signifie que quelque chose les produit en continu. Sur Terre, ce sont les organismes qui servent d’usines, c’est à dire la vie. Jackpot. On n’a pas 36 options : soit on sait où on va, soit on ne sait pas. Oui criez au génie pour cette analyse. Si on part au hasard, il faut un labo de recherche à bord et l’inconvénient est de taille : plus on reste longtemps dans le vaisseau, plus le risque de problèmes augmente.

Dans l’idéal, il vaudrait mieux savoir où on va. Et là notre meilleur copain c’est Kepler. Télescope catapulté en orbite pour profiter du ciel clair, il mitraille l’espace depuis 2009. A l’heure où j’écris ces lignes, il a repéré 4175 planètes potentielles. Sur ce nombre, mille mondes ont été confirmés et certains d’entre eux pourraient avoir des conditions acceptables pour Michel et nous autres corniflards. Par exemple Kepler 438b. A 470 années-lumière, elle est 12% plus grande que la Terre et il ferait 60¡ à sa surface. Les astronomes sont des veaux, moi je l’aurais appelé Magmaton voire Thermafour. Ou pourquoi pas Kisscool si on est un peu joueur.

Kepler 442b (audacieux!) est à 1100 années-lumière. 60% plus grosse que la Terre, elle annonce 0¡C à sa surface. Elle aurait 60% de chance d’être rocheuse tandis que la précédente, Grilladora, 70%. Eh oui, on est pas sér de notre coup et nos rêves de salut partiraient en fumée si notre planète cible était gazeuse, comme Jupiter, sans surface solide. Alors, Fantomas ou Brumou serait sans doute un nom plus adapté. Même si les voyants semblent au vert, on pourrait découvrir au dernier moment que les vents soufflent à 1200km/h. Et là, malgré tes nouvelles bretelles, ton froc finira décoré pour le meilleur rôle dans Twister 3. ?a serait fini avant de commencer. Mais dans l’urgence de la situation, il faudra bien tenter le pari, car comme le disait un certain grand roi d’Orcanie :
 

« Quand on veut être sér de son coup seigneur Dagonet, on plante des navets. »

En attendant de trouver la perle rare, vous pouvez toujours reluquer le Hall of fame des exoplanètes et proposer vos plus beaux noms. Les gagnants profiteront d’un coffret dégustation contenant nos plus belles variétés de cornichons, comme le Fin de Meaux, le Vert petit de Paris ou encore le Délicatesse.