Hellfest 2018 : quatre jours de son approximatif et de déception

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Par où commencer ? D’emblée je tiens à remercier Roger, qui a su me faire confiance. Je vais parler pour une fois de façon sincère : c’est déjà mon cinquième Hellfest et c’est toujours un plaisir de s’y rendre. Parmi tous les festivals metal d’Europe que j’ai faits c’est vraiment le plus complet en matière de variété de programmation et ça c’est un gros plus. C’est carré comme festival et c’est clairement un moment fort de mon été.
A force on sait où on met les pieds, ce n’est pas un endroit où tu viens pour parler musique et te retrouver entre connaisseurs. Une fois cette idée en tête, tu deales ou tu deales pas avec le fest.

 

Jeudi 21 juin

 

Deux heures trente de route en covoiturage pour se rendre à Clisson. Une chance, je n’étais pas avec Jean-Michel Ultra Vomit, à faire des arrêts sur toutes les aires d’autoroute pour boire des bières et écouter en boucle une compil de Machine Head. Le trafic à Clisson est fluide, ça commence bien.
Première impression positive : retour des tee-shirts de groupes, des simili-vestes à patchs, y a même un putain de mec en tee-shirt Vomit Remnants.

D’habitude, le jeudi, la ville est envahie de touristes en tee-shirts fantaisie (ou au mieux de Maiden et Metallica), de déguisements grotesques, de looks décontractés et de combinaisons intégrales à l’effigie du Hellfest. Là ça commence vraiment bien.

Pour entrer, c’est extrêmement long. C’est l’heure d’aller chercher mon pass VIP.
Quelle bonne surprise d’apercevoir une liste d’invités d’environ cinquante pages pour cinq mille noms, qui fait plus office d’encyclopédie du profiteur qu’autre chose.
D’ailleurs j’ai eu le droit à un : « Ton accred’, c’est un manque de respect pour les vrais journalistes. » Ça fait grincer des dents d’entendre une merveille pareille !

En attendant les concerts, quoi de mieux que d’aller faire son pèlerinage au Leclerc de Clisson ? Là, c’est clairement le zoo pour les riverains. Entre les scènes sur le parking où jouent les pires groupes amateurs de France, le surplus militaire devant l’entrée, la déco qui envahit le magasin, les bières Exodus et tous les singes qui font office de metalleux, on comprend pourquoi certains Clissonais préfèrent quitter le village le temps d’un week-end.

Retour sur le site du fest. Après avoir dépensé mon chômage dans des dizaines de CD au market, il est temps d’aller voir les pouilleux locaux (qui jouent sûrement pour une bouchée de pain, voire gratos) sous la fameuse tente du Metal Corner.
D’entrée de jeu, faut savoir que les concerts du jeudi c’est vraiment la foire totale. Déjà il n’y a que les plus motivés, ceux qui ne sont pas occupés à boire de la Kro et écouter du Lofofora sur une enceinte pourrie sur le camping. On va dire que c’est la journée d’entraînement où il est de bon ton de s’ambiancer un peu n’importe comment. Ce qui donne des scènes vraiments gênantes. Surtout que, en début de soirée tout du moins, ce sont souvent des groupes plutôt sérieux et qualitatifs :

Missile

Punk hardcore des plus old school, y a même de la d-beat, la tente était déserte, pas grand chose à dire de plus, ça fait le taff.

Toxxic TV

Là les choses se gâtent… C’est du punk rock de PMU quoi, avec un feeling presque skate punk, mais vraiment avec l’esprit PMU. Ça a au moins le mérite de ne pas être trop gênant, mais ça reste typiquement le genre de groupe que j’essaie d’éviter.

Je retourne rapidement au camping. J’étais sous le choc de voir un écran géant diffuser le foot devant des centaines de mongoles. C’est vraiment le paroxysme, juste à côté de l’entrée du Hellfest Cult en plus. Y a pas un hélicoptère pour déverser de la merde sur eux ?
Je savais que ça existait, mais c’était la première fois que je voyais la scène de mes propres yeux.

Tromatized Youth

Ils sont presque devenus des légendes locales tellement ils jouent pas sur la Warzone, mais qu’importe. Ça commence par Redneck Stomp. Y a du sample, de la Troma, y a les petites parties side-2-side et 2-step qui vont bien. Et, clou du spectacle, comme chaque année, on a le droit à une reprise de Ready to Fight. Non, ça a l’air sincère comme truc, je serai pas de mauvaise foi aujourd’hui, car c’était cool !

Full Throttle Baby

Cette merde nous a été vendue comme du rock bagarre, ça soulève clairement mon intérêt ! Je saurais même pas donner un genre à ça au final. Du rock de foire ? En tout cas c’est typiquement ce qu’il y a de plus irritant dans un groupe français : c’est destiné à la beauferie, le truc pour pogoter gaiement en tee-shirt Hellfest avec un chanteur qui demande en permanence des circle pit et wall of death (même en anglais).
Les gars sont tous en chemise, en mode on joue du surf rock/garage, et le chanteur, lui, ressemble à un mix entre le chanteur de Discharge et des Exploited mais en plus libérateur d’apéro. Il est l’heure de se casser car on sait que la suite s’annonce pire.

Gravity

Pour X raisons je suis resté à proximité du Metal Corner. Je n’ai quasi rien vu mais tout entendu. Une espèce de deathcore moderne plutôt bien travaillé avec une chanteuse. On a clairement pire en France.

Là c’est vraiment l’heure de partir !

 

 

Vendredi 22 juin

 

Après une nuit passée sous le signe du vent glacial (mais bizarrement pas sous le signe du « APÉÉÉRO » sauvage), direction les concerts. Premier constat, il y a déjà beaucoup de monde sur le site. Pour la première fois c’est vraiment invivable, j’avais jamais eu cette impression de fest impraticable.

Avant de parler des concerts, parlons de la chose la plus débile du week-end : la file d’attente pour chopper le merch du fest. Improbable ! La queue prenait un quart du site, elle regroupait chaque jour des milliers de crétins prêts à sacrifier jusqu’à deux heures de leur temps. Quitte à montrer qu’on était au Hellfest, autant rester au camping et se filmer à faire une joute de caddies au lieu d’acheter un tee-shirt, non?
Revenons au metal. Et quoi de mieux pour débuter la journée que….

Fange

Direct on a notre quota de hipster du week-end. Autant c’est vraiment pas terrible sur CD, autant leur set en live est toujours méga vénère, avec l’aspect néo crust vachement mis en avant. Mais putain, le jeu de scène est tellement ridicule. Le groupe développe une ambiance simili haineuse et malsaine de salon, entre le chanteur torse poil qui nous montre ses méchants tatouages, qui bouffe son micro en déambulant sur scène comme un pitbull et les mecs qui se font tourner des bouteilles d’alcool. Non mais les gars il est dix heures du matin, on est au Hellfest. On n’est pas dans une salle parisienne devant vos fans à moustache habituels. Y’a eu un feat aussi, avec un gars sans voix qui sortait de je ne sais quel groupe de metalcore.

Bunkum

C’est devenu un gag avec un pote qui doit aussi faire un report. Comment se rappeler d’un groupe aussi random et quoi dire ? Car oui, après une cinquantaine de concerts, ce machin-là du vendredi matin que je ne connaissais même pas, c’est difficile d’en parler à l’heure actuelle. Mais j’ai le souvenir d’un truc pas mauvais de punk/hardcore, juste terriblement basique et résolument français dans le « va falloir foutre le bordel ». Ah si, y a eu une reprise des horribles Cock Sparrer !

Sons of Otis

Je ne me souviens plus de rien, même pas de leurs tronches, c’est vraiment le trou noir. En même temps, un truc sous la Valley c’est forcément chiant à mourir. Bah oui, c’est ça de pas être un vrai journaliste professionnel et de rien noter pendant les concerts.

Spermbirds

Non mais bordel le concert commence à peine qu’il y a déjà une chenille. Merci le Hellfest ! Proto skate punk légendaire et de seconde zone, c’est toujours un plaisir de voir ce genre de rareté inutile sur l’affiche. C’était divertissant, sans plus. Personne ne connaissait les tubes (My God Rides a Skateboard), ce qui nous rappelle que le public est surtout là car il a entendu du bruit.

Dopethrone

Aujourd’hui c’est la journée sludge en Valley et là on est sur une version plutôt crasseuse du genre. C’est frustrant que ça soit pas plus punk parce que, putain, le chanteur c’est un clodo à dreadlocks, manque vraiment que de la d-beat pour tout casser. Sinon dans la grande tradition de la Valley, c’est trop fort, la basse est poussée à fond, c’est n’importe quoi.

Hards-on

Ah et sur la Warzone c’est la journée skate punk du coup ! Donc là, on a affaire à un truc qui n’a pas l’air tout jeune (les mecs ont tous quarante piges). C’est gentillet, très inutile, le chanteur typé mexicain/indonésien d’un mètre vingt-cinq avec une coupe au bol fait sourire. Vite oublié !

Celeste

Non mais il est quatorze heures passées et y a encore des groupes français qui jouent ? Là j’ai rien compris. Celeste c’est pas le machin à la mode des années 2000 qui joue dos au public avec des lampes torches sur la tête ? Car putain c’était d’un basique niveau jeu de scène ! Très dommage, de la part d’un groupe qui était là avant les autres, de faire un set similaire aux cent cinquante groupes actuels qui font du post-hardcore simili black et méchant. En plus le son était encore une fois pas terrible. Au moins ils ont eu la décence de pas venir encapuchonnés.

Rose Tattoo

Pitié ! Pourquoi j’ai fait ça ? Je me suis dit « oh bah c’est légendaire ça, autant en profiter ». Du putain de hard rock de bar, rip off de AC/DC, mais sans les tubes. J’ai vraiment subi le concert. C’est clairement le groupe qui vend le moins de rêve au monde. Ça existe vraiment des gens qui se disent « putain aujourd’hui je vais voir Rose Tattoo » ou même qui écoutent leur musique ? Plus jamais, merci.

Converge

Si j’ai subi Rose Tattoo, c’était pour ça en fait, pour être bien placé, car là on est devant les Mainstages et y a déjà trente mille touristes entassés. Comme sur la Warzone, Dieu merci, tout est bétonné, plus de poussière. La Mosher Team en herbe du festival s’inquiète pour les pits, surtout pour Converge : là c’est le Hellfest, pas un vulgaire Party San ou Fall Of. Ici ça tombe souvent, donc sur du béton… Mais bon les peurs sont vite essuyées, Hellfest oblige. On a le droit à un bon pogo de foire tout le set, wall of death inclus. Tout le monde est bien compacté, personne ne tombe, no mosh no core ! Sur scène ça fait clairement le taff, setlist en mode nouvel album avec juste un Concubine en fin de set (seul morceau de Jane Doe, le fan service est au niveau zéro), le son est top en plus. J’ai toujours vu le groupe dans des conditions similaires et là c’est sûrement le meilleur concert d’eux que j’aie fait.

 

 

Saor

Qu’est-ce que c’est que cette merde ? C’était un truc rendu à la mode par tous les connards habitués à écouter les charts Cascadian Black Metal sur Bandcamp. Je m’attendais vraiment à entendre du post hardcore vendu comme du Black, parce que non j’ai jamais prêté une oreille à ça hein. Moi j’arrive sous la Temple (la scène Black du fest, sans aucun groupe de Black tradi cette année, du génie, même pas une horreur genre Mayhem), je m’attends à voir un truc à la Panopticon et non, j’ai affaire à du putain de Pipeau Drakkar avec du violon et des flûtes samplées. Je reste même pas faire la chenille, j’écoute ça de loin en attendant DH sous la scène d’à côté.

Demolition Hammer

Un des truc les plus incompréhensibles. C’est de la seconde zone pure et dure dont personne n’a voulu entendre parler depuis des années et aujourd’hui, après re-formation, tout le monde est fan, s’arrache leur merch et les gars jouent partout (à l’époque ça ouvrait les affiches, rien de plus). Forts d’une très longue tournée Epidemic of Violence, cet été ils reviennent pour une tournée aux couleurs de Tortured Existence, j’ai cru à une blague. Quel scandale bordel. C’est un album long et chiant, alors que l’autre est juste un monument de baston. Donc c’est parti pour se faire chier ? Au final, malgré les apparences, la setlist reste divisée à parts égales par les deux albums, mais qu’est-ce qu’on se fait chier quand même. Les gars, qui sont clairement moins en forme que d’habitude, jouent tout sauf Hydrophobia. Improbable ! Ok y avait quelques titres efficaces (go Setlist.fm, je suis pas là pour ça) mais ça restait de manière générale très mou. En plus de ça y’avait cinq mecs dans le pit… Déception.

Mysticum

C’était incroyable, dans tous les sens du terme. Sur scène t’as trois énormes caissons où sont logés en hauteur les gars du groupes, des écrans derrière et devant la scène en mode Kraftwerk en concert. Les mecs sont possédés sur leur beat techno, c’est juste la branlée. Entre un gars déguisé en Peter Helmkamp, l’autre en tenue Ultra Vomit-Kamtar et un random chauve en marcel, c’est incroyable. En termes d’images sur les écrans, on a droit à des champignons, des marches de soldats, des aigles SS perchés sur des pentacles. Incroyable ! C’est mon meilleur concert du jour (et le seul vraiment bon). C’était hypnotisant et parfait.

Carnivore ABCD

Ma plus grosse attente du fest. Bah ce n’était pas ouf, à cause d’une setlist mi-figue mi-raisin. Ouais les gars, on veut juste entendre du Retaliation, pas les autres titres mous du gland. Y avait quasi tous les tubes quand même (Inner Conflict, Jesus Hitler, Race War, Sex and Violence…), mais dommage que le set ait été pollué. Le pit était sympa (ouf!), le chanteur était un bon sosie de Steel, Piovanetti était déguisé en soldat… Non, en vrai, c’était cool. Mort à tous les sceptiques de cette re-formation.

Solstafir

Ouais non, ça passe pas en live ça. Sur LP c’est vraiment fort cool (désolé les metalleux, j’écoute pas que du bruit) mais là c’est vraiment trop chiant, trop de monde, trop de tout.

Suffocation

Premier clash (avec Eyehategod), mais je pars du principe qu’en fest faut clairement choisir les groupes les plus débiles et les moins prise de tête (la fatigue tout ça tout ça). Donc direction le boss final du deathcore ! Direct le son est pas top, bien trop plat, pourtant sur scène ça fait clairement le job. Concert mitigé du coup. Je suis perdu avec les chanteurs, j’en ai déjà vu trois différents, celui-là je sais pas vraiment qui c’est… le gus de Disgorge ?
Sinon c’est setlist classique (Catatonia, Effigy of the Forgotten) avec un pic de génie comme toujours sur Liege of fucking Inveracity, où c’est juste le moment crowdkill de l’assemblée jusqu’aux Mainstages ! Vraiment dommage pour le manque de patate dans le son et pour ce public de merde qui fait des circle pits sur chaque putain de titre. No core no mosh !

Stone Sour

J’ai rien compris au concert car ça fait bien dix ans que je n’écoute plus ça, moi je viens juste voire Corey. Tout le monde chantait les paroles de chaque titre, mais c’est pas censé être le truc de seconde zone qu’on aime juste car y a du Slipknot dedans ? Ah tiens, d’ailleurs, il est où Jim Root ? C’est quoi cette arnaque encore ? Bah ouais, Corey, t’as beau faire tes titres solo à la guitare sèche et faire chialer les gamines, moi je veux le vrai line up.

Judas Priest

C’était déjà une horreur sans fin en 2015, j’ai fait l’erreur d’y retourner (sait-on jamais). Tellement chiant, c’est pas croyable. Ah c’est sûr ça change de décor entre chaque morceau. Rob nous montre toute sa garde-robe au fil du set. Mais non, non ! J’aime déjà pas le heavy, mais alors un truc comme ça… Je suis resté trente minutes, j’ai même pas vu de moto. J’espère qu’ils ne reviendront jamais sur scène après cette tournée.

 

 

Napalm Death

Je n’étais pas convaincu d’aller voir ça, il était tard et la fatigue et les fest rendent souvent les concerts de Napalm bien fades, mais alors là ! Claque comme il faut, performance intense et minimaliste, presque chaotique, tout était déconstruit, clairement pour les die hard. Les seuls moments de musicalité étaient clairement sur les morceaux du dernier. Et bordel le pit, le meilleur du week-end, la violence et la bestialité. Merci le public du Hellfest pour une fois ! Ah si, il faut bien un point négatif : l’espèce de nain qui faisait du KDS tout le long, même durant la putain de reprise de Anti Cimex, mais chiez-lui dessus bon sang ! C’était pas drôle, fallait clairement qu’il crève.

A Perfect Circle

Je n’aime pas Tool, je n’aime pas ça non plus, même si ça restera toujours le moins naze des deux. J’ai pas tenu tout le set, en plus il faisait -10° sur le site. De toute façon les vrais journalistes – plus pros, plus plebs – sauront mieux vous parler des concerts mainstream de la sorte.

C’était en tout cas une grosse journée de merde !

 

Samedi 23 juin

 

La journée a l’air moins naze que les deux autres, mais avant les concerts une curiosité s’impose : le coin VIP. C’est bluffant l’attention qui est réservée à la gangrène : chiottes propres, piscine, déco bien plus cool que sur le site (full repompé sur celle du Brutal Assault), grosse zone d’ombre, écran pour ceux qui ont la flemme de bouger voir les concerts. Par contre la fréquentation du lieu met surtout à l’honneur des touristes qui ont l’air encore moins passionnés que le public du fest.

Hexecutor

Le Hellfest nous propose un groupe français qualitatif sous la Altar ? Incroyable. Du coup direction les posers de Roazhon 666. Les déguisements sont moins grossiers que d’habitude, y a clairement moins de cuir sur scène. Difficile de parler du concert, j’ai plus l’occasion de les voir dans des Mondo Bizarros blindés avec une ambiance de folie. Alors que là, les gars sont pas forcément à leur aise et le public s’en branle.

Incendiary

On m’a fait chier avec ce groupe toute la nuit précédente sur le camping. C’est la nouvelle curiosité de la scène hardcore américaine, une mode de plus. En gros c’est du Turnstile pour adulte, du coup t’as tous les kids dans la fosse, qui tapent les KDS et 2-step à chaque riff. Une chance pour eux qu’il n’y ait pas grand monde, donc de la place pour appliquer soigneusement les danses qu’ils ont répétées dans leur chambre. Concert bien sympa en tout cas.

Monolord

Grosse arnaque ça encore ! Les mecs rip off le logo d’ Entombed, se vendent comme le truc le plus lourd du siècle… alors que bon, là c’est juste du sludge à trois notes, c’est certes bien fait, un peu chiant, mais vraiment pas sensationnel !

Get the Shot

C’est clairement le truc qui ramène le fan de hardcore et le metalleux basique, la preuve, une Warzone blindée, pour le meilleur et pour le pire… Comme à chaque concert du groupe en fest, le metalleux est gentiment majoritaire, prêt à faire un bon pogo des familles pendant tout le set alors que c’est blindé de moshparts, le chanteur demande des side-2-side à chaque titre. Les coreux sont en sueur… no mosh no core !
Au-delà de ça, le plus insupportable reste le groupe en lui-même : avec son discours fédérateur et ses leçons de vie adolescente : c’est simple, on tient là la version canadienne de Tagada Jones. Vomitif !

Demilich

Demilich au Hellfest, tout est dit ! C’est le genre de groupe qu’on a déterré d’entre les morts par égard pour son statut culte et qui surfe là-dessus… Les mecs ont depuis joué littéralement partout, et le problème c’est que c’est bon une fois sur deux en live. Le groupe joue sous une tente bien vide (dommage pour eux, qui avaient imprimé des tee-shirts spéciaux pour le fest… mauvais investissement) et enchaîne les tubes sur un son des plus moyens, encore une fois sans relief… Le public essaye de suivre, forme vaguement un pogo ; le groupe est moins bavard que d’habitude, mais nous gratifie, pour les die hard que nous sommes (ahah), de titres des démos…
Fallait profiter, car c’était le seul groupe de death tradi’ sous la Altar, les scènes extrêmes étant complètement défigurées au fil des années.

Knocked Loose

Le retour des scènes kids, partie deux ! Nouvelle sensation du hardcore/beatdown pour adolescents, c’est grosso modo une version moins neo metal de Code Orange. Là, c’est que de la mosh part, du crowdkill, le tout bien emballé, faussement méchant (non mais le chanteur a 16 ans, paye ta crédibilité !). Ça fait le taff, le public se tape bien dessus, c’est presque un bol d’air frais, ça demande pas à réfléchir.

Rise of the Northstar

Phénomène inexplicable que celui-ci ! Déjà, d’où un groupe français random signe sur Nuclear Blast ? Surtout un truc comme ça ? Par ailleurs, c’est presque devenu un incontournable de France en à peine cinq ans : la Mainstage est blindée ! Il est presque miraculeux que malgré le succès, le groupe n’adopte pas un jeu de scène à la française (à l’inverse de leur public) et c’est vraiment à souligner pour un groupe de cette ampleur. Les mecs font leur truc, ça casse pas trois pattes à un canard, mais au moins ils nous font pas chier à demander trente wall of death jusqu’à la régie.

Turnstile

C’est passé de mode ça non ? Parce qu’il n’y avait pas foule ! Pour les moins à la page, Turnstile c’est la version pop punk du hardcore : un truc happy destiné aux moins de quinze ans. C’est la bande-son d’une sortie à la plage en famille ; là il fait cinquante degrés, c’est la bonne humeur, pas de cassos partis pour des moshparts inexistants (bien que les mecs aient même ajouté des simili sub basses à certains titres pour nous rappeler qu’on est devant du hardcore et pas devant Sum 41). Le set fait la part belle au dernier album, finissant par Keep it Moving. Ce début de journée est vraiment cool, ça fait du bien.

 

 

Ho99o9 / Akercocke

Vingt minutes de chaque. D’un côté la dernière hype qui sort de nulle part et qui s’avère vite chiante en live malgré le fait que ça saute partout. La Valley est d’ailleurs étrangement blindée… Bon faut dire aussi que le début de set est très axé punk et que c’est sûrement un groupe plus appréciable à Dour ou au Mainsquare… Et de l’autre côté Akercocke dont je sais pas quoi dire à part que c’est mieux sur skeud…

Jonathan Davis

Putain ce week-end c’est vraiment la rencontre avec toutes mes idoles ! Pour tous ceux qui se pointent pour écouter du Korn, retournez crever chez vous. Davis c’est le seul mec respectable qui pond un projet solo et qui joue que de ça : pas de fan service dégueulasse, rien, juste son album. Du coup c’est quoi cette merde ? C’est grosso modo du Korn avec violon et contrebasse en version travaillée et radiophonique : c’est du Korn avec des mecs qui savent jouer. C’était forcément la classe et en plus il y a fucking Ray à la batterie ! Parfait !

 

 

Dalek

Bon là on s’enfonce toujours plus dans la hype, ma moustache ne fait que s’agrandir… Ouais non franchement stop à un moment : entre le guitariste d’Amenra qui sert à rien, l’écran vidéo ultra mal exploité et les LP a cinquante euros au merch… C’est toujours mieux que Death Grips hein, mais c’est clairement le genre de truc à voir en salle. Et puis j’ai jamais vu autant de gens fuir pendant un set… le rap s’incline, le metal domine !

Terror

Putain merde je me souviens de presque rien, juste que c’était clairement moins con que prévu (ouais en sept ans de concerts, je n’avais encore jamais vu le groupe) et que le chanteur a demandé durant tout le set « move, move, MOVE !! »

Body Count

Ouais non mais par contre aujourd’hui c’est la journée racaille et là c’était vraiment la cerise sur le tas de merde. Cinquante personnes sur scène, les familles, les gosses, les feat à n’en plus finir. Le concert a commencé par une reprise de… Reign in Blood. Mais stop ! En tout cas c’était follement ridicule, surtout quand c’est pour nous parler de drogue ou de flic… Grotesque. Et puis merde on s’en branle que tu sois Ice-T, nous ici on est plus du genre à respecter Vinnie Paul. Bref, allons voir du vrai neo metal.

 

 

Deftones

On va faire simple, début de setlist au top (Headup, Shove It), un Chino qui vient tutoyer les premiers rangs à l’ancienne, grosse énergie et gros son. Ils étaient prêts à annihiler le fest, c’était parti pour être juste dingue. Et puis voilà, l’ambiance redescend, la setlist devient de plus en plus osef, presque sans conviction. Quel gâchis ! Y a même pas un Bored pour sauver le tout… Les gars faut nous faire jumper, pas nous faire chier.

Limp Bizkit

Non mais c’est le Family Values Tour ce week-end ou quoi ? Bon, eux au moins, c’est full mongol et ça joue que des tubes direct. J’ai jamais aimé, ni vraiment écouté ça à l’époque, je comprends pourquoi d’ailleurs. En termes de concert de merde on est bien : Fred n’a pas l’air d’avoir envie de jouer. C’est simple, sur les trente minutes auxquelles j’ai assisté, ils ont à peine joué cinq titres, le mec parle pendant des heures entre chaque morceau et si ce n’est pas lui c’est son débile de DJ qui balance des sample random, genre juste des samples. J’ai bien fait de revendre mes disques vingt centimes à Cash Converters.

Cro Mags

Vous pensez que c’est à cause du manque de Harley que c’était aussi chiant et plat ? De base je suis plus Municipal Waste que ce genre de vieux machins, mais alors là putain…

 

 

Nile

C’est bon une fois sur deux et quand ce n’est pas bon c’est vraiment le somnifère. Là c’était plutôt captivant ; c’était ultra vénère (genre comme à l’époque) avec un trio de voix qui a de la gueule, y a même des moshparts ! Agréablement surpris du coup, moi qui avais avant le concert l’idée de dormir au fond du chapiteau.

Hatebreed

DESTROY EVERYTHING ! DESTROY EVERYTHING ! DESTROY EVERYTHING ! Jump ! Jump ! Jump ! Prestation au top, ça groove, avec un Jasta en pull Suffocation, c’est la conclusion la plus débile pour finir la journée.

Je n’ai malheureusement pas grand-chose à dire de plus. Ce sont majoritairement des groupes que je n’écoute pas et ouais, faut bien l’avouer, c’est clairement une année où y a pas beaucoup à voir : à partir du moment où tu attends moins de dix groupes sur l’affiche, c’est chaud.

 

Dimanche 24 juin

 

Cette journée s’annonce tellement longue et chiante… Comme l’année dernière j’ai envie de dire.

The Texas Chainsaw Dust

Aucun souvenir.

Plebian Grandstand

C’est quel boss final du crabcore ça ? Non sérieusement j’étais vraiment pas prêt ! Sur CD ça me laisse complètement indifférent, sans pour autant être naze, mais là en live ça prend clairement une autre dimension ! Sur scène on a littéralement quatre kékés en micro short et torse nu avec des simili mèches : les gars essayent même pas de retranscrire le semblant de black sur album, là c’est full post hardcore ! En bref ça se prend pas la tête, pas de capuche, pas d’encens dans le cul, pas de tatouage trop arty, pas de grimace de nihiliste… fallait foutre ça en Mainstage non ? Et nettoyer la Temple parce que merde, sur trois jours, y a eu tout et n’importe quoi !

Lucifer

Youhou c’est le Muskelrock, on est habillé comme en 1970, hard rock vintage, chanteuse…

Au Dessus

J’ai rien retenu à part leurs déguisements, mais c’est clairement plus sympa sur CD.
Bon je suis vraiment en roue libre pour cette journée, car j’ai surtout subi des groupes que je n’écoute pas. Plus que treize groupes, courage…

Warning

Là c’est le moment où tout le monde se force à pleurer car on est devant le groupe le plus triste de la terre blablabla ? Bon ok ça commence le set par Watching et ça va jouer tous les tubes, ok les gars arrivent à bien retranscrire l’emo doom de l’album, mais je n’arrive pas à prendre ma claque. Les conditions sûrement : il est treize heures au Hellfest… Dommage.

The Lords of Altamont

Ah putain du garage, cool ! Bien psyché, le chanteur maltraite son clavier orange fluo, les mecs sont déguisés en bikers efféminés.

Exumer

La journée commence enfin ? Ah bah non ! Putain que c’était naze, c’est censé être le meilleur Slayer/Exodus worship d’Allemagne mais qu’est-ce que c’était chiant ! Il se passait rien nulle part. Y avait un des frères Gustavsson à la barrière qui avait l’air en transe, tant mieux pour lui. Aucune énergie, même sur les classiques (Fallen Saint, Possessed by Evil).

Tombs

Ah c’est donc ça Tombs…

Iced Earth

J’ai voulu jouer les curieux, j’aurais dû retourner voir The Lurking Fear. Plus jamais bordel, c’est presque pire que Megadeth.

Killswitch Engage

« Rip Vinnie Paul, true metal legend. » J’en ai assez entendu, de toute façon c’est pas de ma génération ça.

Exhorder

Non j’ai pas envie d’en parler. C’était un hommage à Vinnie Paul ça aussi ? Autant les parties groove sont vomitives sur CD, autant quand ça thrashdeath ça défonce tout ! Là je vous laisse imaginer lequel des aspects est le plus ressorti… Non mais dire que c’était TA du KIT, la sueur pour le public défenseur du vrai metal que d’entendre cette version underground de Pantera !

 

 

Arch Enemy

A défaut d’avoir Carcass, je suis venu grignoter quelques riffs « chute de studio d’Heartwork » du père Amott. Alors déjà question : il était là ? J’ai vu aucun rouquin sur scène (bon y avait un gus en patch Discharge, j’imagine que c’était lui). Ah et puis oui merde y a plus Angela, ça fait bien huit ou dix ans que je n’ai pas suivi le groupe, je suis largué. La chanteuse peroxydée bleu fluo est juste totalement agaçante, sans elle ça pourrait vraiment être un groupe passable. De plus les nouveaux titres sonnent résolument death suédois (genre Dismember Nuclear Blast) et un My Apocalypse fait toujours le taff.

Amorphis

Déjà, un des mecs sur scène porte un marcel Doom. Non mais les gars, c’est valable pour tous les autres groupes, mais si vous êtes si fiers de prôner vos influences old school, merci de jouer autre chose que vos daubes insipides ! Bon revenons à Amorphis, déjà le backdrop nous montre leur dernier logo bien propre, ça annonce le ton : set full Doom melo 2.0. C’est sans moi, je préfère taper un somme dans la pelouse.

Alice in Chains

Putain à l’ancienne ! Ça enchaîne pas mal de Dirt (Damn That River), c’est sympa, sans plus, ça reste du rock conventionnel, ça fait passer le temps.

Iron Maiden

Qu’on se le dise, Maiden j’ai toujours survolé et j’ai retenu que les hymnes de stade. Mais ça reste un réel plaisir que de voir le groupe en live ! Le set se déroule en triptyque, trois thèmes bien distincts où s’enchaînent des décors improbables ; t’as même un avion de chasse qu’est venu sur scène quoi, un putain d’avion ! Après les gars, allez lire Rock Hard pour un vrai report qui rend honneur au spectacle qu’ils ont donné, moi là je vais juste parler du délicieux public complètement maniaque et passionné : à chaque putain de riff connu c’était pogo en mode foire du jambon, et vas-y que ça se rentre dedans comme à Cannibal Corpse. C’est le syndrome hard de stade où tout le monde devient dingue sur un Highway to Hell ou Iron Man. Tu te dis que s’il y avait de tels pits sur Medieval Steel, ça rendrait le groupe bien plus intéressant.

Et là le RO nous indique trente minutes de pause ; un feu d’artifice ? Dieu merci non. Juste un putain de diapo sur écran géant pour le meilleur coup de com’ ever ! En intro on nous explique que là c’est l’heure de faire taire les rageux et l’heure de dévoiler des noms avant la vente des billets… Comme si ça allait changer quelque chose à la situation et surtout pour cinq groupes quoi… Bon ça commence avec CARCASS, dinguerie ! Sur un périmètre d’un kilomètre à la ronde je suis le seul content je crois (d’ailleurs c’est le seul groupe sans interview pour justifier de leur présence). On enchaîne les noms de merde, puis c’est le moment d’annoncer fucking Sssssslaaaaaaaaayeeeeer !!!!!!!! Avec un Tom et Kerry qui nous vendent ça comme le dernier concert du groupe en France (ahah) ! Bon du coup dans le lot il y a eu aussi Manowar avec un Joey qui est venu himself nous parler du concert sur scène…. C’était grossier et gênant, tout le monde se demandait qui c’était lui (véridique) et le gars a conclu par un « death to false metal » sur scène et avec le décor de… Manson !

Marilyn Manson

Ma seule véritable attente c’est de revoir le patron Warner et sa troupe de mecs inutiles. En trois mots : concert pitoyable, grotesque mais terriblement parfait ! C’est même plus de la provocation à ce stade, même si tout sonne faux et écrit, moi j’adore : cinq minutes de silence plongées dans le noir entre chaque morceau où on l’aperçoit se faire essuyer les bras et habiller par des roadies, s’engueuler avec, leur taper dessus… Des nanas topless (que je suspecte d’êtres des pros) sont sélectionnées dans le public histoire d’animer la scène (et aussi de leur mettre des mains au cul) notamment sur mOBSCENE. Le Manson reste bavard, jette régulièrement son micro par terre, tel un os qu’on jette aux roadies pour qu’ils te le ramènent, il s’accouple avec tous les éléments sur scène… Derrière lui y a son pupitre d’orateur, comme à l’ancienne, où il monte difficilement (notamment pour Beautiful People) ; faut dire que le salaud, il a pris du poids ! Et c’est d’ailleurs sur ce titre que Manson et sa troupe quittent la scène sans prévenir, en laissant tout le monde dans le noir. C’était un joli chaos bien orchestré avec une setlist des plus classique, mais qu’attendre de plus de ce monument ?

 

 

Carpenter Brut

J’ai longtemps dit non à toute cette mode du « nous les metalleux on est éclectique », où il est de bon ton de parler de la dernière merde de rap conscient plutôt que du dernier Obituary… La synthwave c’est pareil, ça a gangrené la scène, y en a partout, même en fest de warblack… Mais bon vu le fumier qui joue en même temps ce soir, je me laisse tenter… Alors c’est rythmique dansante, projection de clip, univers satanico-horrifique néon hipster, c’est vraiment un beau packaging prêt à plaire à n’importe qui (et vu les machins qui dansent à côté de moi, c’est vraiment n’importe qui).

En tout cas finir le Hellfest sur de la techno, ça c’est vraiment metal !

 

 

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