Patrick Ewing, un roi sans couronne

Publié le par senzo-tanaka

La vie c’est de la merde. Quand t’as pas de bol, t’as pas de bol durant toute ta vie. C’est comme ça, on ne peut rien faire. Patrick Ewing est de ceux-là. Deux simples actions résument toute son injuste lose. Le mec, une montagne de muscle et de puissance, se fait contrer par un type de la taille d’un gamin de 12 ans : Mugsy Bogues , 1m30 au garot. Le mec, une montagne de muscles et de puissance se fait posterizer pour l’éternité par cette petite suceuse de légende qu’est Scottie Pippen. Voilà, l’histoire d’un type qui a clairement manqué de chatte durant toute sa carrière. D’ailleurs, aujourd’hui, quand on tape son nom dans Google, les premières entrées sont des sites pour acheter des putains de chaussures

Patrick Ewing est une légende qui fait partie des 50 meilleurs joueurs de toute la NBA. Parmi ces 50 joueurs il est l’un des rares à ne pas posséder de bagouze ni de titre MVP. Ewing fait partie de la plus grande équipe de sport collectif de tous les temps et pour toujours. Parmi ces 12 joueurs, il est l’un des rares à ne pas avoir de bagouse ni de titre MVP. Comment expliquer ça ? Par le simple fait que Pat soit un membre des New-York Knicks et qu’il aimait un peu trop son équipe. Avec son talent, il aurait pu signer n’importe où, remporter une montagne de titres mais non il a choisi de rester aux Knicks, à New-York, qui eux, en retour, l’ont traité comme une vieille tache de sperme sur une chaussette sale. En fin de carrière, ils l‘ont bazardé au Sonics contre Glen Rice, Luc Longley, Travis Knight, Vladimir Stepania, Lazaro Borrell, Vernon Maxwell. Voilà comment on traite les légendes à Gotham. Triste. Ewing avec le chandail des Sonics c’est aussi laid que Jordan avec celui des Wizards. Même lui n’a pas l’air d’y croire. Mais Pat est un bon gars, il ne leur en a jamais vraiment voulu. Pour se faire pardonner la ville de New-York a retiré son tricot. Plus personne, jamais, ne portera le numéro 33 aux Knicks. C’est sans doute la plus belle des récompenses au final même si, merde, une chevalière aurait été tellement belle sur ses grands doigts.

Pat résume bien à lui seul la franchise de New-York. Une légende du basket, un mythe inamovible mais qui n’a pratiquement rien gagné si ce n’est deux titres au début des seventies. Ewing, lui n’en a aucun mais par contre il se trimbale une chiée de record de franchise. Attention la liste est longue : rebonds défensifs, rebonds, lancer francs tentés, lancer francs marqués, shoots tentés, shoots marqués, minutes jouées, contres, matches joués, interceptions, points. Tout ses records sont planqués dans ses genouillère. Et les genouillères de Pat, c’est quelque chose. Les plus grosses genouillères de l’histoire de la NBA. Elles possèdent même leur propre compte Twitter.

 


"A l’époque pour les big men c’était la fête du slip"
 

Les joueurs comme lui n’existent pratiquement plus aujourd’hui, dans une ligue dominée par les arrières et les shooteurs, il n’y a plus de pivots dominants qui font gagner des titres. Mais à l’époque, c’était autre chose. Si aujourd’hui il est plus facile de pénétrer dans une raquette NBA pour claquer un dunk que de chopper une radasse en manque de chibre sur Tinder, à l’époque pour les big men c’était la fête du slip. C’étaient eux les patrons du terrain et la raquette était leur territoire. Tu n’y rentrais pas avec ta bite et ton couteau. C’était la guerre sous les paniers. Patrick était un des guerriers les plus redoutés et redoutables. 2m13. 115kg. Un défenseur dingue doublé d’un gros contreur, d’un dunker surpuissant et d’un scoreur de feu, le mec tourne à plus de 20 points de moyenne pendant 13 de ses 15 saisons au Knicks pour autant de participations aux play-offs. Faut bien se tendre compte qu’au début des nineties, jouaient en même temps : Shaquille O’Neal, David Robinson, Bill Laimbeer, Hakeem Olajuwon, et Patrick Ewing. Soit, cinq des dix plus grands pivots de l’histoire. On peut ajouter des mecs comme Dikembe Mutombo, Rick Smits ou Zo Mourning. Tu rentrais dans la peinture propre, tu en ressortais souillé avec le goût du sang en bouche et l’anus plus élastique que jamais. Tu voyais débouler Pat tu ne faisais pas le fier, tu savais que t’allais prendre cher. Et lui, était parvenu à se faire respecter au milieu de tous ces types là.

Né en Jamaïque, dès l’adolescence, il bataillait contre Jordan et Worthy avec la jaquette des Hoyas de Georgetown que je possédais dans ma jeunesse. Ça forge un homme. Ça forme un caractère. Ewing faisait partie de ces rares pivots ultra complets, puissants mais habiles avec le ballon. Outre ses dunks et ses contres, Pat avait développé un petit fadeway parfait. Il pouvait, à l’image de Bill Laimbeer, rentrer un petit shoot à trois points. Easy. Parce qu’il était comme ça Patoche. Un mec qui aimait varier les plaisirs. Entouré de la plus belle équipe de lascars des nineties (Starks, Mason - paix à ton âme champion, Oakley, putain fallait se les farcir), Ewing pensait bien que le titre allait arriver. Dix piges qu’il attend ça le mec. Il allait enfin lui mettre la pétée. Ben non. Même Pat Riley n’y est pas parvenu. Chaque fois il y en avait un autre. Jordan au départ qui claquait les Knicks en finales de conférence. Puis Boom, Mike décide que le basket est trop facile pour lui, il va les lancer dans le base-ball. La porte est ouverte. Le belle est bourrée, à moitié a poil, y’a plus qu’à… et non, The Beast se fait jeter, au bout d’une série en sept matchs par The Dream qui va se taper la belle. Les Knicks 94 resteront la plus belle équipe jamais titrée. En, 1999, les Knicks emmenés par Pat, 36 ans, huitième à l’Est en fin de saison régulière se hissent en finale NBA. Mais La Bête se blesse et doit regarder ses potes Sprewell, Larry Jonhson et Allan Houston se faire savater par le duo Robinson/Duncan. Deux finales NBA et, à chaque fois, Patrick se retrouve comme un con à tenir chaude la place pendant que son pote est en train de niquer la Reine de la fête. Deux fois. Rude.

C’est l’histoire d’Ewing, un mec presque champion, un mec presque MVP. Le genre de mec qui au moment d’aller chercher son diplôme et se casse la gueule sur la dernière marche et voit les autres lui marcher dessus. Les joueurs comme lui n’existent plus aujourd’hui. Les pivots sont en voie d’extinction mais Patrick restera toujours le champion des champions dans nos cœurs orange et bleu. Pat reste un mythe, un vrai. Une carrière incroyable, un joueur dominant pendant près de 15 ans. Le visage d’une franchise. Le visage d’une ville mais un palmarès de puceau. Il a autre chose. Il a le respect de tout le monde est des plus grands. C’est simple, plutôt que de se toucher la nouille avec ses bagues et ses trophées, il a fait pleurer le Shaq car oui le Shaq aime The Beast, oui le Shaq pleure quand il en parle. C’est là qu’on reconnait la Vraie Classe. Pat tu es mon Champion