Je ne suis plus L’Obs sur Facebook et ça fait du bien

Je ne suis plus L’Obs sur Facebook et ça fait du bien

L’Obs est-il devenu nul et comment s’en débarrasser ? Voilà la question à laquelle je tenterai de répondre pour vous aujourd’hui. Et je ne le ferai pas de n’importe quelle manière, chers mercenaires des Internets. Je le ferai à leur manière. Démonstration.
 

Mais jusqu’où l’Obs ira-t-il ? Enquête au cœur d’un fruit pourri
 

Mon travail d’investigation commence justement sur Facebook. Il s’y concentrera majoritairement ; d’ailleurs, si vous lisez l’Obs papier, partez tout de suite. Depuis peu, ma page d’accueil est inondée par les titres de plus en plus choquants d’un prétendu journal au nom colloquial : « L’Obs ». Rien ne m’alerte. Mais les jours passent, et je constate avec frustration la répétition d’occurrences telles que « coup de gueule », « il a pété les plombs » ou « ça va chauffer ». Je tolère silencieusement ou presque la niaiserie konbiniste de ce journal qui, il me semble, incarnait jadis un pan du paysage médiatique français.

Peut-être ne suis-je pas claire. Disons alors que ce n’est pas tellement le fait de dépasser un article sobrement intitulé « Jaxon, bébé au crâne plat et au petit cerveau : sa vie ne sera que souffrance » qui me lasse le plus. Je suis d’ailleurs émue à la lecture de ce titre très fin qui me semble adressé à la jeune génération de France, comme un avant-goût de la société qui l’attend – Jaxon en sera l’étendard. Ce qui m’étonne le plus, c’est que moi et 17 autres de mes amis Facebook aimons ce journal, que d’autres médias le reprennent, voire semblent parfois même s’en inspirer.
 

Le like compulsif : un « mal générationnel » selon quelqu’un
 

Ainsi, article après article, je cherche à retrouver le « moi » qui avait donné son « j’aime » à cette page et qui avait – est-ce possible – apprécié certains de ses articles. Les hypothèses se bousculent aux portes de mon crâne plat. La rédaction vivrait-elle sous la menace armée d’un groupe d’extrémistes prépubères ? A-t-elle fusionné avec Faits Divers Magazine ? Cyril Hanouna aurait-il imposé son idée au comité de rédaction ? Ce n’est pas impossible. Mais qui l’y aurait invité ? De nombreuses questions restent en suspens.

D’autant qu’on ne peut pas exclure, comme pour beaucoup de problèmes contemporains, la possibilité d’une intervention directe de Mélanie Laurent, reprochant au journal de n’être « pas assez niais ». Mais ne tombons pas dans le conspirationnisme. Une rapide recherche Wikipédia m’a en fait révélé que le journal avait été racheté par le trio infernal Bergé-Niel-Pigasse qui possédait déjà Le Monde (tiens, tiens) et que ce même trio, dans une fièvre dévastatrice, l’avait affublé de son doux sobriquet.
 

Elle pète un plomb et unlike toutes ses pages Facebook : « une libération »
 

La route fut donc longue et difficile, je ne peux le cacher. Mais enfin, finalement, j’ai vu la fin du tunnel. Comme un éclair dans la nuit, le génie percute. Vite, je glisse mon curseur et en trois mots je suis libre : je n’aime plus. Et soudain j’ai le cœur léger. Fini l’accablement causé par des titres toujours plus NRJ12. Terminés les articles à trois fautes par ligne et les cœurs dans les titres. Plus jamais, les listes « 12 bonnes raisons de ne pas aller en Syrie ». A moi tifiens, foodporn et Kardashians. J’en profite pour virer tous les autres.

L’Obs, le journal qui fait prendre conscience de sa désinformation et de l'impact terriblement négatif de Buzzfeed sur le monde de l'information en ligne.

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