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Le Tag Parfait

Salut ! Je te présente rapidement, tu fais partie du webzine Le Tag Parfait, webzine traitant de la culture porn. Tout d’abord je tenais à te féliciter pour le site qui réussit l’exercice difficile de parler cul sans tomber dans le graveleux. De plus vous maniez intelligemment le détachement et le LOL du truc sans pour autant être « trop cool pour la vie » (ce que je reproche à Vice). Bref, well done ! Mais avant de parler plus longuement de ton site, quelques questions sur ta consommation du porn, questions s’inspirant de votre série ‘c’est quoi ton porn ?’. Quelle est la dernière scène que tu as vue ?

Un truc perso que je ne vais pas mentionner en public. Je réfléchis en ce moment aux moteurs de l’excitation, j’essaye de revenir à la base du porno; et comme on ne trouve pas de porn mainstream de qualité sur les tubes, je m’enfonce toujours plus loin dans les tags. En ce moment je dois pas mal me poser des questions sur ma sexualité si je me réfère à mon historique… Hum… t’as pigé ?

Ouai. Je te rejoins d’ailleurs sur la difficulté de trouver un porn mainstream de qualité. Les tubes sont surchargés de gonzos sur produits aussi peu bandants que les nichons refaits de leurs actrices.
Ta scène culte ? Ton actrice culte ?

Une scène que j’ai perdu, noyée à jamais dans les données d’un disque dur il y a plus de dix ans. Ça se passait dans les vestiaires d’un lycée américain, un prof binoclard et timide tombe sur une fille particulièrement entreprenante, elle le chauffe (#teasing) avec une puissance phénoménale, puis après le baise sur un banc. C’était complètement fou avec un gros joint ce truc, et la B.O. était parfaite, un foutu guiro qui s’arrêtait pas de jouer pour maintenir la tension. Le contexte de mon pucelage devait pas mal jouer aussi. J’ai jamais retrouvé cette scène et j’en suis bien triste, parfois je tape #schoolgirl #nerd #teacher pour essayer de la retrouver, en vain.

Sinon, c’est Stoya mon actrice culte, ma meuf, je suis amoureux d’elle depuis des années, c’est elle qui m’a amenée à me pencher sur le porn ricain (je suis pas un gros passionné de porn en tant que tel, je suis même assez quiche sur les noms d’actrices). Cette fille est incroyable, je suis bien content qu’elle continue, son prochain film sort début août chez Digital Playground au fait. J’en suis arrivé au stade où je me branle même plus devant elle, je la regarde c’est tout, pour ne pas « salir » notre amour, elle est si mignonne, c’est la fille parfaite.

A quelle fréquence mates-tu du porn ?

Rarement plus d’une fois par jour, généralement le soir pour un petit fap avant de dormir, ça me permet d’allier l’utile (trouver des idées d’articles) et l’agréable (le porn est principalement masturbatoire pour moi). Au bureau, bizarrement j’en regarde pas ou peu, on traite le porn comme une culture, l’actu porno (la vraie, le sorties de films et cie) ne nous intéresse pas énormément.

Sur quelles adresses te rends-tu pour un bon vieux fap des familles ?

Je peste pas mal sur la lenteur de leurs serveurs, mais depuis quelques mois xHamster a définitivement remplacé xVideos qui est envahie par des petites boites de prod opportunistes. Il a une certaine « fraicheur » comparé aux autres et beaucoup de porn amat pas mal.

Quels sont tes tags parfaits ?

J’en ai plein, mais disons que globalement il faut que le rapport de dominé à dominant soit équitable, ou s’inverse ; j’arrive pas à regarder du porn de base où le mec vient tringler une fille qui se fait chier. Je suis très exigeant dans le choix des vidéos, c’est toujours cette notion de tension que je recherche, que je sois scotché au siège à flipper ma race, j’aime être projeté dans l’action ou être acteur de la scène par procuration.

Comme je sens que tu veux une réponse précise, on va dire que ces tags généralistes sont un bon début pour créer un tag parfait : #ebony #pov #rimjob, après tu peux rajouter ce que tu veux, en ce moment j’aime bien #submissive aussi, ou #slave mais jamais d’humiliation, ça me la coupe direct (que ce soit pour la fille ou le mec).

Et tes limites dans le porn ?

Si ça m’excite pas, je ne regarde pas. Je ne pense pas que le porn nous change, on a nos fantasmes, nos envies, et ça se retrouve dans ce qu’on regarde. La course au plus trash, c’est marrant quand tu découvres le porn, après ça sert à rien, ou alors si tu en regardes comme si tu matais Video Gag. Après, une scène qui pourrait me dégouter car trop violente, peut devenir un chef d’oeuvre d’excitation si c’est Sasha Grey aux commandes. Le porn est bien plus subtil qu’on ne le croit, et sans vouloir intellectualiser la chose. Il faut un rapport « animal » au sexe, faut se jeter dedans, le vivre totalement.

Maintenant parlons du site. J’ai vu que vous cherchiez un commercial, j’imagine donc que vous souhaitez franchir une nouvelle étape pour arriver à monétiser LTP. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet : quelles sont vos prochaines orientations pour tenter de retirer un peu d’argent de votre travail ? Et pensez-vous pouvoir vivre à terme du Tag Parfait ?

On se définit maintenant comme une marque-média, comme on ne veut pas sacrifier le site (qui est notre vitrine) sur l’autel de l’audience, on se développe à 360 : les vidéos sexy, les soirées, le merch’ (qui devrait arriver à la rentrée), le porn ou d’autres choses qui vont arriver. La pub en display ne rapporte pas assez, ou alors il faut faire une énorme audience, c’est pour ça qu’on cherche un commercial pour vendre en plus de notre régie média de l’espace sur d’autres supports, spécialement la vidéo où le potentiel d’audience et de développement sont bien plus importants.

On a aussi bon espoir de lever des fonds, principalement pour traduire une partie du site en anglais (et ça coûte un bras) et le développer à l’étranger, car je pense qu’on est suffisamment pertinent pour attaquer l’Amérique. En plus nos « concurrents » potentiels sont plus des partenaires que des ennemis. J’espère pouvoir vivre du Tag et surtout le développer raisonnablement dans les mois qui viennent, même si le business model est fragile et que le contexte actuel est tendu. Il faut pas non plus oublier qu’on parle de porn, ça peut fermer des portes, même si pour le moment on en souffre pas trop (sauf qu’on a pas le droit au pre-roll sur les tubes classiques, ce qui est bien dommage).

J’ai noté également que vous souhaitez tourner vos premiers films fin août. Peux-tu m’en dire plus ? Car là ça me semble être le fantasme ultime de tout rédac chef : baiser ses lecteurs et chroniqueurs dans la même journée … Vous avez déjà des acteurs/trices ? Vous diffuserez comment le résultat ? Ce sera quoi comme porn ? Je vous imagine plus proche d’X art que des allemands de GGG, je me trompe ?

On ne va pas produire directement c’est avec une boite de prod qu’on a rencontré (via les « Grenelle du porn » de 2011). On se voit comme un label, on valide ce qu’on tourne et on aide pour les contacts et la com. Concrètement on commence à tourner des scènes fin août, on va essayer de mélanger acteurs confirmés, et d’autres qui veulent se lancer (mais ça court malheureusement pas les rues en France). Pour la distrib, on va tester le marché (car c’est un business, on jette pas l’argent par les fenêtres), le vrai, celui qui achète. C’est un peu l’inconnu, est-ce que le consommateur français de base va kiffer du porn différent, qui ne soit ni de l’amat degueu, ni un truc de vieux perv ou du porno chic ? Si ça prend, on continuera à en faire de plus en plus. On saura ça dans quelques mois.

Pour le « style » on est plus proche de ce qu’on appellet aux Etats-Unis le « glamcore », c’est à dire l’esthétique X-Art mais en plus intense, comme certains prods de New Sensations ou Babes.com. On reste dans l’idée de scènes (du gonzo contextualisé), et pas de film.

 

Petite phrase que j’ai relevé dans un de vos derniers articles : ‘tout le monde est bénévole, on ne sait pas si on va pouvoir tenir comme ça éternellement’. Cri du cœur ou vile technique pour récupérer des likes ? Votre but depuis le départ était de monétiser le site ou bien est-ce à la vue de l’étendu du travail que représente les actualisations que vous avez décidé de la jouer quitte ou double : on en vit ou on arrête tout ?

Ça fait deux ans et demi que j’ai monté le Tag, des fois j’ai un peu envie de tout arrêter et de dire aux gens d’aller se faire foutre, car c’est énormément d’énergie pour quasi pas un rond. Mais on est porté par les gens qui nous suivent, on a une audience féminine qui est très motivante, des projets à développer, des envies, on a un truc un peu unique, ça aide pour se lever le matin… C’était un peu pour rappeler que malgré une bonne audience, le web c’est pas l’eldorado surtout quand on est un média.

On n’a pas monté le site dans l’idée de le monétiser, c’était un petit blog à la base, mais qui a grossit, tellement grossit qu’on a plus trop le choix que de chercher des sous si on veut maintenir le rythme de publication et de le développer comme on l’entend.

Quand j’étais ado et que je matais Philippe Vandel interviewer les actrices de porn j’imaginais qu’une fois la caméra éteinte il leur faisait salement l’amour. Rassurez-moi, c’est ce qu’il vous arrive une fois que vous avez posé des questions à n’importe qu’elle personne impliquée de près ou de loin au biz du sexe ? Du coup si je vous dis que mon père tient un bureau tabac dans lequel il vend le dernier Union on peut faire l’amour sauvagement là, maintenant, de suite ?

C’est donc pour ça que t’as monté Fier Panda ? Pour baiser Louis Nicolin ? Héhé. On a une approche très calme du porn, on est tout sauf des pervs ou des frustrés. On adore le sexe évidemment, et on adore baiser, alors si l’occasion se présente on va pas se cacher dans un coin, mais l’idée est justement de ne pas faire comme les autres qui viennent sur un plateau pour voir de la chatte, ou pour approcher les actrices ; nous on s’en fout, c’est un métier comme un autre. Je suis plus excité par nos lectrices que par les actrices ou les gens qu’on interview ; je te laisse en conclure ce que tu veux là-dessus.

Merci pour tous ces bons faps #LTP !

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