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Dépucelé de la bagarre

Ça arrive parfois. Quelqu’un vous cherche, ou alors c’est vous qui avez commencé. On ne sait jamais trop. Toujours est-il qu’au lycée, au bar, dans la rue, sur un parking ou un terrain de sport, vous allez devoir vous battre… Balancer votre main dans la tronche à machin pour lui apprendre à vivre (bim, finish him !) ou éviter son genou qui vise obstinément votre aine (rlan paf, combo !). Certains considèrent que c’est un art noble, pendant que les youtubers se contentent de dégainer leur i-Phone pour faire chauffer leur compte : « 453 vues, tu peux pas test » et bien sûr, il y a les inévitables gars qui séparent : « il en vaut pas la peine, Johnny, laisse tomber. » Mais vous ? Comment vous le sentez ? Et surtout, comment allez-vous vous en sortir ? Avec les honneurs ?
Pas sûr ! Quatre amis strite fighteurs pourvus de pseudonymes putassiers nous ont raconté leurs premiers émois pour vous inspirer. Sympas les mecs. De notre côté, au service d’une tension dramatique accrue et pour une optimisation hollywoodienne du processus d’identification, nous avons choisi de vous mettre ça dans l’ordre chronologique. Ding ding, fight !

Chuck Norris
La première fois que je me suis battu, j’étais à l’école primaire. Un ami m’avait volé mon pneumatique préféré – oui dans les années 80, les écoles disposaient de pneus de tracteur dans leurs cours de récréation. C’était sale, mais également top fun : on pouvait les lancer sur les copains ou enfermer des gens dedans.
Bref, déçu par l’attitude de mon camarade, je me suis rué sur lui et l’ai roué de coups bien placés en prenant soin de ne pas salir mon sous pull Damart qui me démangeait fortement. J’ai également utilisé une paire de Kickers toute neuve pour lui placer un joli coup de pied dans les parties intimes. J’avais à peine 10 ans et je ne me souviens pas précisément de mes émotions à ce moment mais il me semble que j’étais très fier. Ensuite mes parents m’ont longuement fessé.

Steven Seagal
Ma première baston, c’était au collège. Un frais mardi matin d’automne, j’ai souhaité saluer un ami. La coutume était alors de se placer un petit taquet derrière la tête. Néanmoins coutumier dudit taquet, mon copain l’a très mal pris. Il a donc fallu se « fritter » comme on disait.
Une fois la moitié du collège prévenue de la bagarre, tout s’est passé très vite. Je me souviens avoir essayé de mettre une mandale pour faire comme dans Karaté Kid. Mais c’est fou comme les bras d’un adolescent de 13 ans sont courts. Une tentative échouée donc, et voilà que mon adversaire d’un jour m’attrape par la veste Charlotte Hornets avant de me pousser droit contre le coin d’une fenêtre. Je sens une douleur derrière la tête, je touche, c’est tout chaud et liquide, je regarde rapidement mes doigts, j’aperçois du sang. La bataille est finie, j’ai mis du sang partout dans le préau. Je vais à l’infirmerie et me retrouve à l’hôpital. Quelques points de sutures plus tard, je réalise ce qu’il s’est passé. J’ai perdu mais j’étais fier de ne pas m’être dégonflé et d’avoir tenté le coup (merci foutu Karaté Kid !)
J’ai même eu droit à un bisou de la plus jolie fille de la classe, j’en ai encore une mi-molle.

Jason Statham
J’avais 17 ans et je venais de voir Fight Club au cinéma. Un samedi soir, nous étions de sortie avec quelques amis en discothèque quand une bagarre a éclaté. La dizaine de whiskies coca ingurgités aidant, nous avons décidé de participer et de sortir nous battre. Malheureusement, nous étions bien moins nombreux que nos adversaires et moins bien armés : pas de battes de baseball, ni de nerfs de bœufs, contrairement à eux. J’ai choisi d’aider une jeune fille en sang, elle s’était prise une sale baffe.
Grave erreur puisque quelques secondes plus tard, un type s’est précipité vers moi pour me coller une droite. Je n’ai pas tout vu mais ça piquait et ma mâchoire me faisait mal. Ni une ni deux, j’ai décidé de me venger. Mais je n’en ai pas eu le temps car plusieurs personnes bien armées sont arrivées en courant. Avec mes copains on s’est dit : on va se faire dérouiller. Nous avons donc détalé comme des antilopes sauvages pourchassées par une horde de jeunes lions colériques. Pas de chance, en courant j’ai perdu ma basket (non lacée, comme tous les ados skateurs le faisaient en 1999). La meute s’approchait dangereusement, cependant j’ai décidé de revenir la chercher. Bizarrement, il me semblait qu’il valait mieux courir avec deux chaussures plutôt qu’une seule. Et un seul ami m’a suivi. Heureusement notre record du monde du 1000m nous a tirés d’affaire par la suite.
En revanche, la soirée s’est moins bien finie pour un mec de notre camping qui est aujourd’hui paraplégique après avoir été poussé du haut d’une falaise.

Ryan Gosling
Ça m’est arrivé il y a quelques semaines. Mes amis et moi avions beaucoup bu et en sortant du bar, j’ai aperçu deux types qui commençaient à se chercher. J’ai décidé, dans un élan de civisme prétentieux et condescendant, d’aller les séparer : « Allons, allons, les amis, tu tut tut… » Mauvaise idée, je m’en suis pris une grosse, car l’un des deux a cru que j’étais le pote de l’autre. Ah cette sensation d’avoir la mâchoire décrochée, le goût du sang métallique dans la bouche, la langue un peu coupée. Miam. Je suis donc allé chercher de l’aide car j’ai plus le physique de Jean-Paul Rouve que celui de Mickey Rourke, mais mes potes n’ont rien compris et n’ont pas voulu m’aider : « t’as qu’avais qu’à pas y aller ! » – complètement saouls ces cons. Un truc a alors pété dans ma tête et j’ai couru vers le gars pour me venger.
Je me souviens d’avoir poussé fort et réussi à le faire tomber, puis lui avoir mis quelques patates sur la gueule ainsi qu’un joli coup de pied dans l’abdomen. Sans doute l’alcool… Toujours est-il qu’après m’être fait justice, je suis rentré chez moi avec le sourire et une impression d’avoir géré l’affaire. J’avais aussi super mal à la mâchoire et la main un peu tuméfiée, mais si c’était à refaire, je le referais sans souci. Enfin, il faudrait une raison valable, genre un mec qui frotte ma meuf ou un pote qui se fait tabasser ou je sais pas quoi.

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