Mise à niveau pour tous ceux qui pensent que l'UFC est un sport de cons

Mise à niveau pour tous ceux qui pensent que l'UFC est un sport de cons
AUTEUR

Litildivil

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Le

Déjà, j'ai pris sur moi pour que vous puissiez comprendre le titre. En effet, l'UFC n'est pas un sport malgré la croyance populaire. C'est une fédération mais aussi et surtout une société privée, qui produit des galas de MMA (Mixed Martial Arts). C'est genre la ligue des champions si vous êtes par hasard des gros beaufs du foot. Ou le All Star Game pour le basket, j'y connais rien mais ça sonne très "best of the best", alors je pense que c'est pareil. Je vais dire des choses qui vont choquer, bousculer toutes vos certitudes là, comme ça. Mais qu'importe, je suis un ouf. Et puis je les développerai pour que vous sachiez que vous vous fourriez lamentablement le doigt dans l'oeil depuis toujours. Non, depuis une dizaine d'années seulement en fait.

Cours d'histoire : un sport né dans la violence

En fait, vous avez probablement le souvenir des premiers tournois UFC, qui étaient, je vous l'accorde volontiers, d'une violence assez insupportable. Grossièrement, voici l'histoire. Art Davie est un producteur de combats et Rorion Gracie est un brésilien dont le père, Helio, a fondé le Jujiutsu brésilien (qu'on nommera JJB jusqu'à la fin de l'article sinon ça va me fatiguer). Ils décident ensemble de créer un tournoi d'arts martiaux qui aura pour but de répondre à la question "quel art martial est le plus efficace pour te péter la gueule ?". Au Brésil, le Vale Tudo est un sport de combat où, comme son nom l'indique en portugais, "tout vaut", et l'UFC en est une adaptation un peu plus show business. Et Rorion Gracie en profite pour mettre son petit frère dans la cage, Royce, qui maîtrise l'art martial familial du JJB donc.

Pas de limite de temps, des combats qui s'enchainent dans la soirée, très peu de coups interdits, pas de catégorie de poids, les premiers UFC sont une vraie boucherie, mais font le buzz (pour l'époque hein). Chaque mec vient avec son sport de combat à lui, on assiste à des sumos affrontant des kickboxers nazis, des karatékas moustachus qui se font écraser le crâne par des barbus ventrus, certainement videurs de bars à bikers... Et puis il y a le fameux Royce Gracie, qui ne frappe presque pas. Pas spécialement costaud, pas spécialement grand, il ne fait pas peur à grand monde quand il débarque dans la cage avec son kimono tout blanc, bien propre sur lui. Royce a une technique bien à lui, puisque certes il peut prendre quelques coups mais dès qu'il attrape son adversaire, il se transforme en véritable boa constrictor. On ne comprend pas bien ce qu'il se passe dans ce noeud de membres, mais à un moment donné, la grosse brute abandonne. Il a senti que s'il ne lâchait pas l'affaire, il allait tomber dans les pommes sous la pression de sa carotide, ou se faire péter le bras avec une prise dont la famille Gracie a le secret. Royce gagne les premiers UFC, mais rapidement beaucoup de problèmes se posent. Les "athlètes" enchainent les matchs dans la soirée, et souvent ne terminent pas la nuit pour cause de blessures par exemple. Ils se font remplacer en finale au pied levé par un mec tout frais, qu'on dirait sorti du public, qui va probablement gagner le tournoi pour cause de condition physique à peine entamée. On ne va pas se mentir, l'UFC de l'époque est sale, très sale, et tient plus des jeux du cirque que du sport à proprement parler. Aujourd'hui, un peu plus vieux mais pas forcément moins con, j'aurais tout de même beaucoup de mal à regarder les combats de l'époque, tant on sait à quel point ce que font les fighters est dangereux pour la santé. Penalty kicks dans le crâne d'un adversaire déjà au sol, laminage de testicules (supposés interdits mais franchement tolérés), coups derrière la nuque et le dos, etc. Donc, c'est vrai, il y a une vingtaine d'année, vous aviez toutes les bonnes raisons de cracher sur l'UFC. C'était une débauche de violence, de l'entertainment pour américains bourré à la bière qui aime hurler "kill him mother fucker" . Mais elle a donné lieu à, justement, quelque chose de beaucoup plus intéressant par la suite. Le souci étant hélas que son image, elle, est restée prisonnière de ses débuts.

BREAKING NEWS ! En UFC, tous les coups ne sont pas permis !

Il y a 10 ans, les frères Fertitta, une famille sicilienne de Vegas possédant principalement des casinos, s'intéresse au MMA sur les conseils de Dana White, actuel président de l'UFC. Ils rachètent la licence UFC pour la somme de 2 millions de dollars. Elle en vaut aujourd'hui 2 milliards. Bitch please. Comment diable ? Et c'est là que les choses deviennent intéressantes, puisqu'ils réussissent le tour de force de transformer un étalage de violence aveugle en un véritable sport. Pour être permis dans tous les états, voire dans le monde, l'UFC a besoin d'être très grandement javélisé afin d'être accepté par des commissions athlétiques un peu plus sérieuses que celle du Nevada. Plusieurs points sont donc revus. On instaure des rounds, et le principe de tournois, où tous les matchs s'enchainaient dans la soirée, est aboli. Maintenant, un match se déroule en 3 rounds de 5 minutes, et en 5 rounds pour un "main event" (le combat principal). On met en place des catégories de poids afin que les forces soient équilibrées. Aujourd'hui, il y a 8 catégories de fighters, du poids mouche au poids lourd. Et des catégories féminines dont la technique n'a plus rien à envier aux hommes. Et surtout, il y a plus de 50 coups interdits. On ne frappe pas la tête d'un adversaire au sol avec les pieds, on ne frappe pas derrière le crâne, ni le long de la colonne vertébrale, on sanctionne vraiment les coups dans les roubignolles ou les doigts dans les yeux.

L'actuel champion des lourds légers ( - de 92,5kg), Jon Jones, un génie, en a d'ailleurs fait les frais puisque sa seule défaite est une disqualification pour coup illégal. Il est permis de donner des coups de coude au sol à un adversaire, mais pas du haut vers le bas (le coude, partie la plus aiguisée du corps, pourrait rentrer dans les yeux par exemple). Bon son adversaire étant sourd (véridique), on peut comprendre que l'arbitre ait pu faire un peu de zèle à l'idée qu'il devienne AUSSI aveugle. Le sport étant devenu propre, celui-ci a pu se lancer dans sa conquête du monde et l'UFC connait une expansion sans précédent dans l'histoire. Tiens, l'an dernier, + 200%. Il achète les plus grosses organisations de MMA autour de lui, comme le fameux Pride au Japon (et les meilleurs fighters qui y évoluent bien évidemment), le WEC (World Extreme Cagefighting) ou encore le Strikeforce, organisation qui a évolué longtemps en parallèle mais n'a jamais vraiment pu se forger une autre réputation que l'incarnation de la division 2 de l'UFC. D'autres organisations, comme le Bellator ou le WSOF (World Series Of Fighting) subsistent aujourd'hui encore. Mais on ne va pas se mentir, elles servent bien souvent de tremplin aux talents en devenir ou de dernier barroud d'honneur pour les vétérans de l'UFC qui n'ont plus le niveau requis pour y évoluer.

Le MMA est moins dangereux pour la santé que la boxe, le rugby ou le judo

Alors là , en voilà une nouvelle qu'elle est difficile à avaler, non ? Avouez qu'il y a de quoi se la prendre et se la mordre (copyright Arnold S., Last Action Hero) ! Comment un sport aussi violent pourrait être moins dommageable pour la santé que la boxe par exemple ? On a uniquement droit aux poings en boxe, alors qu'à l'UFC on y va à coups de genoux dans le pif, de coudes dans la tempe, de tibias dans les côtes. Oui, mais voilà, le raisonnement est beaucoup trop simpliste. La boxe, il s'agit de matchs de 12 rounds (contre 3 seulement en UFC). 12 rounds qui se concentrent quasiment que sur la tête de son adversaire, avec des gants rembourrés juste assez pour que faire tomber son opposant KO soit assez exceptionnel. Mais le choc, lui, est quasiment aussi violent qu'avec les mitaines de MMA, et les dommages relativement similaires. C'est quoi un KO ? Ton cerveau bouge dans la boite crânienne et ton corps a un mécanisme de défense. Il se demande ce qu'il se passe et dans le doute, fait affluer le sang de tout ton corps vers les organes vitaux, coeur et cerveau, pour les protéger en priorité. Mais du coup, le reste du corps lâche et on tombe comme un torchon au sol. Et là, fait très intéressant, l'arbitre de boxe vous offre 10 secondes pour revenir dans le combat. 10 secondes qui permettent à quasiment n'importe qui d'un peu motivé de revenir (c'est un KO, pas un coma hein). La vraie violence, c'est de reprendre un choc après un KO, qui laisse des séquelles irrémédiables pour le cerveau qui n'a pas le temps de se remettre.

Tu vois la tête tremblotante de Mohammed Ali aujourd'hui ? La boxe. En UFC, l'arbitre s'interpose si un combattant perd conscience ou ne se défend plus pendant quelques secondes. Il n'est pas rare de voir un arbitre décider de la fin d'un combat alors que les deux adversaires sont encore debouts, si l'un des deux prend une correction et, même sans tomber, ne se défend pas assez. Bizarrement, et même si les frappes au sol sont autorisées, le MMA préserve au maximum la santé des fighters, tant et si bien qu'il est très fréquent pour le perdant de se plaindre auprès de l'arbitre d'avoir arrêté le match trop tôt. De plus, autoriser plus de frappes différentes au MMA permet surtout de travailler son adversaire à d'autres endroits que la tête. On attaque les cuisses pour faire ralentir son jeu de jambes, on lui frappe le ventre pour essayer d'entamer son endurance, etc. Et SURTOUT, le MMA permet de terminer des combats sans même avoir à frapper l'adversaire, par soumission. Réussir à attraper un opposant permet de le faire abandonner sans qu'aucun dommage ne soit occasionné. Une clé de bras est menaçante, douloureuse, et si elle était portée de manière effective, ferait péter l'articulation, mais l'adversaire abandonne dans 99% des situations avant que l'irrémédiable ne se produise. La blessure la plus grave qui soit arrivé en UFC en 20 ans d'existence est d'ailleurs un membre cassé. Une guillotine, c'est à dire bloquer l'afflux sanguin de l'adversaire vers son cerveau, fait tomber dans les pommes en 7 secondes précisément si il n'y a pas abandon. Voir l'adversaire s'évanouir quelques secondes n'est pas rare s'il n'a pas abandonné à temps, mais aucune séquelle ne viendra entacher sa carrière par la suite. On a vu des combats se dérouler sans que le moindre coup ne soit délivré. Yep, c'est aussi ça le MMA. Accessoirement, prendre un KO vous interdit de compétition pendant au moins un mois et demi par mesure de précaution. D'ailleurs en moyenne, un fighter se bat entre 3 et 4 fois par an maximum, par mesure de sécurité pour sa santé. Ce qui est forcément un peu difficile à vivre pour les fans, qui ne voient donc que très rarement leurs favoris monter sur le ring. D'autant que beaucoup se blessent, non pas pendant les matchs, mais à l'entraînement. Ce qui rend leurs prestations encore plus rares.

Ah ouais et alors pourquoi c'est interdit en France si c'est pas affreux, hein ?

L'interdiction des compétitions de MMA en France est très facile à expliquer. Officiellement, on n'accepte pas qu'un adversaire en frappe un autre au sol, et le principe de cage comme pour des combats d'animaux n'est pas toléré. Prenons les faits un par un. Tout d'abord la cage qui entoure l'octogone, l'UFC s'en serait bien passé pour se défaire de son image, mais le souci est qu'elle est importante au bon déroulement des combats et pour garantir la sécurité des combattants. Un ring traditionnel, avec ses cordes autour, est dangereux pour ceux qui qui luttent. Faire un take down, c'est à dire amener son adversaire au sol à la manière d'un rugbyman, fait souvent traverser le ring avec l'élan. Et sans un grillage pour arrêter la course, c'est dehors que finissent les combattants. Le Pride, une organisation japonaise depuis rachetée par l'UFC, faisait se dérouler les combats sur un ring traditionnel. Il y avait plein de petits nippons autour du ring pour repousser les combattants dont les membres sortaient de la surface de combat, et il n'était pas rare qu'un juge ou un commentateur puisse se manger un mec de 100 kilos sur le dessus du crâne. Après tous les essais, il s'avère que la cage est ce qui protège le mieux les combattants, c'est un fait.

Et puis il y a les frappes au sol. Le jeu au sol fait partie intégrante du sport. Ce n'est pas un mec qui s'acharne sur l'autre, impuissant. Frapper un mec au sol est d'une part beaucoup moins violent que le frapper debout, puisque les coups ont moins d'amplitude. Ensuite, et surtout, le jeu au sol fait partie intégrante du MMA. Combien de combattants brésiliens se sont déjà mis dos au sol d'eux-même, le sourire aux lèvres, en incitant leur adversaire à venir les rejoindre. Et croyez-moi, dans 99% des cas, l'adversaire sait qu'il ne ferait pas le poids et attend que l'arbitre demande au brésilien de se lever. Il est plus que commun de voir un fighter essayer de finir son adversaire au sol, mais il reste en danger. Un moment d'inattention et il se fait attraper le bras, clé et est forcé à abandonner. C'est d'ailleurs de cette manière que le dernier champion poids léger a perdu son titre. Le sol est une technique de combat, et qu'elle ne fasse pas partie de nos traditions ne devrait pas l'empêcher d'exister. Récemment, un reportage minable d'M6 a présenté le MMA sous des aspects racolleurs, avec des combats illégaux de rue montés de toutes pièces pour les besoins du reportage. Et Morsay en bookmaker, gageant du sérieux de la démarche. Mais les 5 dernières minutes du reportage étaient intéressantes, puisqu'elles montraient Nanard de la Villardière, en position dominante sur Bertrand Amoussou, fervent défenseur du MMA en France. Il incitait l'animateur à le frapper mais il n'a jamais réussi à lui porter le moindre coup malgré sa position, afin de lui montrer qu'être au dessus d'un adversaire au sol n'était pas forcément aussi dominant que ce que l'on pourrait penser.

Pourtant, le MMA est légal dans la plupart des pays dans le monde. La Suède a d'ailleurs permis la pratique de ce sport tandis que la traditionnelle boxe anglaise reste proscrite. Ce qui bloque le plus en France, c'est la fédération de Judo bizarrement. Ceux-ci, abrités derrière leurs "valeurs" font blocus. Peur de perdre des inscrits probablement, réaction épidermique stupide quand on sait que les pays qui ont légalisé le MMA ont vu augmenter leur nombre de judokas. Très drôle d'ailleurs, leur dernière tentative pour appâter le chaland, le MMJA. Devant le nombre croissant de pratiquants de MMA en France malgré l'interdiction de compétition, ceux-ci ont décidé que s'ils ne pouvaient pas l'interdire, ils pouvaient toujours tenter de s'approprier le MMA. Le Mixed Martial Jujitsu Arts, avec ses règles adaptées à leur "morale", est donc leur nouvelle création pour essayer de répondre à la demande croissante des nouveaux adhérents aux Arts Martiaux Mixtes. Le fait est que le MMA est légal quasiment partout dans le monde, la France y passera à un moment ou un autre, il faut simplement s'armer de patience d'ici à ce que les pouvoirs publics ne finissent par s'y résigner.

Mais à part ça, c'est quoi l'intérêt de ce sport de beaufs ?

Et voilà, on en vient à la partie qui me plait le plus. Pourquoi on regarde l'UFC ? Je n'ai pas peur de le dire, je me fais chier devant la plupart des sports à la TV. Les footballeurs sont souvent des crétins décérébrés beaucoup trop riches pour leur QI, le basket me fatigue vite, et puis je suis trop rarement surpris. Alors qu'une soirée UFC m'étonnera toujours. Il faut tout d'abord savoir qu'il est loin, très loin, le temps où chacun venait avec son bagage de sport de combat et l'opposait à l'autre. Il n'y a plus un lutteur qui affronte un kickboxer, il y a la plupart du temps un ancien lutteur qui a appris la muay thaï qui se bat contre un kickboxer devenu ceinture marron de JJB. Le MMA, c'est plutôt une fusion des sports de combats pour n'en retenir que le meilleur, dans les limites des règles établies bien évidemment. Les combats deviennent de plus en plus intéressants, tant les facteurs qui peuvent intervenir sont nombreux. Si chacun a bien souvent un point fort, un sport de base (lutte, jjb, kickboxing, muay thai, boxe anglaise, sambo, tae kwon do, karaté, etc), il est obligé de connaître les rudiments des autres afin au moins de pouvoir les défendre. Chacun de ces sports est adapté pour le MMA, puisque par exemple, une garde haute de boxe anglaise ne permettrait pas de défendre les takedowns (mises au sol) d'un lutteur. On se souvient de James Toney, ancien champion de boxe poids lourds, qui a voulu prouver la suprémacie de la boxe anglaise sur le MMA. Il est monté sur le ring à 41 ans contre Randy Couture, 43 ans et une dizaine de kilos de moins. Après une mise au sol très facile, Randy a littéralement fait de Toney sa pute au sol, le champion de boxe n'ayant aucun rudiment de lutte ou de jjb. Après s'être un peu amusé avec lui, Couture lui a exécuté un "bras-tête", un étranglement simple mais qui fit abandonner Toney instantanément.

Tout le monde a été obligé de s'adapter pour pratiquer au final le même sport, mais personne n'a vraiment la même manière de la pratiquer. Lyoto Machida, ancien champion, était un karatéka qui a réussi à adapter son art au MMA, notamment grâce à sa rapidité pour rentrer / frapper/ sortir de la garde de son adversaire. Il ne pratique quasiment pas le grappling, à savoir se coller à son adversaire pour le contenir et le frapper ou le mettre au sol, mais son jeu de jambes est tellement incroyable qu'il réussit à ne quasiment jamais se mettre en situation d'avoir à le pratiquer. Georges St Pierre, icône canadienne restée invaincue des années avait aussi une base de karaté, mais surtout de lutteur. Son style a évolué de manière à plaquer ses adversaires au sol et littéralement les rendre innoffensifs pendant 5 rounds. Jon Jones, champion actuel lourd léger, ets un génie dans la catégorie avec une allonge incroyable. Un des rares pratiquants de MMA dont pour le moment personne n'a réussi à trouver la solution à son style tellement complet et surprenant. D'autant qu'il réussit la prouesse de se renouveler à chacun de ses combats. Cain Velasquez, champion poids lourd, est un adversaire très bon un peu partout mais dont le principal avantage, dans une catégorie où les combattants sont très lourds, est d'avoir un cardio hors du commun. Une machine, qui ne se fatigue jamais et qui vient à bout des adversaires de toutes tailles. Les fighters pèsent maintenant tous le même poids, mais même avec ce facteur, les physiques restent très diversifiés. Plus on est grand, meilleure est l'allonge mais la puissance est sacrifiée à ce prix. Avoir une bonne allonge permet de garder un adversaire à distance, mais une fois que celui-ci a réussi à pénétrer dans la garde, difficile de le contenir avec des bras trop longs... En d'autres termes, on a beau de se dire qu'on connait deux combattants, il reste très très difficile de savoir comment se déroulera un combat. Les fighters mettent au point des stratégies précises en fonction de leurs adversaires, font des camps d'entrainement, des régimes, trouvent la catégorie de poids qui leur permettra d'être le plus efficace en fonction leur force, allonge, et endurance. C'est probablement le sport dont la condition physique des participants est la plus complète. Ils doivent être puissants, endurants, agiles, techniques... Gagner un combat est une combinaison un peu spéciale de condition physique exceptionnelle, de technique et de stratégie. Rien n'est laissé au hasard.

Je pourrais continuer à vous parler longtemps, très longtemps de ce sport, et d'ailleurs je le ferai peut-être plus tard. Mais il m'apparaissait important de commencer par mettre les choses au point et revenir sur la plupart des débilités que l'on entend sur le MMA. Attention hein, ce n'est pas tout blanc. Je n'ai dit nulle part que ce n'était pas violent, c'est un sport de contact, pas de la pêche en rivière. Il y a aussi du sang parfois, souvent même, la plupart du temps des coupures plus impressionnantes que douloureuses. Et puis l'UFC est une putain d'entreprise avant tout, qui sait parler aux américains et si les combats sont devenus très propres (contrôles anti-dopages très fréquents, même pendant les entrainements des adversaires par exemple), certaines rivalités entre les adversaires semblent mises en scène de toutes parts. L'UFC sait se vendre, et s'y connait en entertainment. Très récemment, une rivalité tout sauf feinte opposait le champion lourd léger Jon Jones à celui dont on pensait qu'il était la solution à sa suprématie, Daniel Cormier. Les mecs se détestaient tellement qu'ils ont réussi à se foutre sur la gueule à une conférence de presse. Malgré les sanctions de la commission athlétique, l'UFC n'a pas hésité à utiliser les images de leur altercation dans la bande annonce du combat histoire d'exciter les foules. Le champion avait d'ailleurs tweeté lui même en voyant la-dite bande annonce qu'il serait à l'affiche du prochain event de catch, ironisant sur le fait que l'UFC se permette d'utiliser de telles images pour vendre le combat.

Dernier détail, contrairement à beaucoup d'autres sports, les participants gardent beaucoup la tête sur les épaules et restent très proches de leurs fans. Il y a deux raisons à cela selon moi. La première, c'est qu'il est contractuel que les combattants aient un compte tweeter, et ils ont une prime en fonction de leur nombre de followers. La seconde est que malgré les sommes monstrueuses que l'UFC engrange, les fighters sont très peu payés proportionnellement. Alors qu'ils ne se battent finalement qu'assez peu, un premier combat en UFC est payé en moyenne 8000 dollars. Le double en cas de victoire. Un champion est payé aux alentours de 200 000 dollars. Attention, il faut ajouter l'argent des sponsors etc, et il est loin de dormir dans la rue en bouffant des pâtes au ketchup. Mais disons qu'il garde une certaine faim de combats. Le pire, c'est que quand on commence à accrocher à ce sport, il y a comme une certaine "marge de progression". Au début, les spectateurs veulent voir des KO, des coups impressionnants. Et quand un mec se tortille sur l'autre au sol, il se fait chier. Mais à mesure que l'on comprend ce que font ces deux mecs qui se tripotent, on réalise à quel point ce sport est technique. Ils gagnent des positions, tentent des soumissions que beaucoup ne voient même pas... Plus on regarde et plus on comprend. Et plus on comprend, plus on regarde. Mon Dieu je suis drogué.

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