Calmez-vous les gars, Le Petit Journal a toujours été merdique

Calmez-vous les gars, Le Petit Journal a toujours été merdique
AUTEUR

Michel

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Le

En mai 2016 un tremblement franco-médiatique sans précédent eut lieu : Yann Barthès, ce jeune vieux à chemise Kooples, a quitté l'émission phare des vieux jeunes à pulls marron - la bien nommée "Le Petit Journal". Il fut remplacé par Cyrille Eldin, un faux intellectuel se vantant d'être drôle. Le rendu est aussi gênant qu'une vidéo molle écrite par l'esprit boutonneux de Marion Seclin. Une occasion en or pour toutes ces petites salopes condescendantes d’agence de pub. Iphone 6s en main et l'oeil rivé sur Canal + replay, elles inondent Twitter de messages peu inspirés vantant les mérites de la corrosivité supposée d'une chaîne pré-Bolloré. Seulement, de qui sont-elles nostalgiques exactement : d'un gars digne de Conan O'brien, Jay Leno, Jimmy Kimmel, Larry King ou Eric André ? Non. Loin de là. Leur anchorman vedette n'est autre qu'un hobbit hydrocéphale, plus mauvais interviewer que Mouloud Achour, présentant une ersatz de zap de Spi0n politique populiste pour faire bander les néo-Parisiens devant leurs plateaux Eat Sushi.

Soyons réalistes. Le Petit Journal a tenu douze ans en filmant la fashion week et en soulignant les tics de langage des politiciens, le tout avec des sous-titres colorés. L'émission est, au mieux :


- décalée pour les quinquagénaires à moustache venant de créer un compte mail Yahoo,
- cool pour les buveurs de Cosmo écoutant Pete Doherty tout en portant un perfecto bien trop neuf acheté chez Zara.
 

Pour une raison qui me dépasse, LPJ jouit d'une énorme cote de popularité en surfant sur une image de poil à gratter de la scène médiatique. Pourtant ses prises de position à base de "le FN c'est qu'un tas de racistes" ou "les vieux riches du 16ème sont pas très sympas" sont aussi subversives qu'une intervention de Cali - ce rasta blanc pour ménagère. Festival d'enfonçages de portes ouvertes, prise de risque nulle... Cette émission est profondément inoffensive. Bah oui mes p'tits loups, il existe une différence majeure entre titiller un puissant et le déranger. Pour vous en convaincre, imaginez l'expérience suivante :


- caressez un chat obèse en fin de vie à rebrousse poil jusqu'à ce qu'il soit énervé. Maintenez l'état d'énervement de l'animal aussi longtemps que possible.
- reproduisez la même expérience avec un tigre.
 

Le Petit Journal a toujours été une imposture journalistique n'ayant même pas le courage d'assumer son rôle de bouffonnerie cathodique. Fuyez, les grands de ce monde ! Le journalisme qui sort du pressing est en marche ! Pire, Yann Barthès a toujours voulu nous faire croire que, sous des dehors comiques, il était le seul à mettre à mal les vieux croulants de la République et la télé de papa. Seulement cet homme est tellement radical qu'il officie désormais chez TF1 et sa collègue chroniqueuse Salhia Brakhlia est si extrême qu'elle officie désormais chez BFM tv. Quel anticonformisme !

Que dire également de la platitude pénible d'Eric et de Quentin, sorte de pitres sans talents aux visages approximatifs ? 

Trente minutes de chiasse non-stop. Voilà ce qu'est et ce qu'a toujours été Le Petit Journal. Bravo à Cyrille Eldin de trouver assez de courage pour perpétuer cette tradition. 

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