Patrick Montel, ce sac à merde

- Écrit par senzo-tanaka le -

Personnellement, malgré un niveau intellectuel acceptable, je suis un grand fan de sport doublé d’un grand consommateur d’efforts et autres joutes télévisuelles. En un mot comme en cent, plutôt que de suer le dimanche matin ou me faire humilier au squash par un bon ami chaque jeudi, moi, ce que je pratique, c’est le sport à la télévision. Tous les sports, même les plus cons. Surtout les plus cons. Je suis le genre de mec à connaître Claudy Weibel, Stephen Hendry, Sven Nijs et Michael « Mighty Mike » Van Gerwen. La multiplication des chaînes, des offres numériques et des sites de streaming ne fait qu’assouvir cette dévorante passion. D’aucuns veillent tard, isolés dans leur solitude, pour se repaître des vidéos coquinesune demoiselle prouve son ouverture d’esprit en étanchant sa soif à la source d’hommes de toutes espèces et de toutes couleurs, tandis que moi je passe parfois des soirées entières à enchaîner un bon Vietnam-Cambodge qualificatif pour la Coupe de Monde suivi d’un Viva Vorn vs Giga Chikadze avant de me finir sur le Mémorial Albert Fauville comptant pour la Lotto-Coupe de Belgique des Elites-sans-contrat et Espoirs. Voilà le genre de personne que je suis. Mais je ne suis pas un élitiste du sport, non, il m’arrive de mater de grands événements et là, à chaque fois, c’est le drame, la catastrophe, la fin des temps. Mon visionnage se termine toujours dans le sang et les larmes face à l’immensité du vide qui sort de mon poste de télévision. Tel le voyageur contemplant une mer de nuages, je contemple l’abîme de l’incompétence de Patrick.

"Dès que je l’entends j’ai envie de m’ouvrir les veines, de les recoudre puis de me les ouvrir une seconde fois"

Le « Patrick » en question n’est autre que Patrick Montel, le bras cassé du commentaire sportif, la plaie de la retransmission sportive, l’aphte sur la glotte, l’écharde dans la plante du pied, l’hémorroïde purulente et persistante. Je peux supporter l’agaçante naïveté enfantine de Christian Jeanpierre, la bêtise crasse de Denis Balbir, la dépressive tristesse de l’humour frelaté de Benoit Maylin, l’indolence infernale de Daniel Lauclair, l’absurde incompétence de Thierry Adam, l’égoïsme faussement bonhomme de Gerard Holtz, l’anti-parisianisme assumé de Christophe Dugarry, le faciès gestapiste de Jean-René Godard mais je ne supporte plus Patrick Montel. Son incompétence me bouleverse, sa bêtise me consterne, son chauvinisme m’exaspère, sa voix m’énerve. Dès que je l’entends j’ai envie de m’ouvrir les veines, de les recoudre puis de me les ouvrir une seconde fois. Patrick m’a gâché une infinité de compétitions. Son poujadisme, sa démagogie, son populisme sont vomitifs et l’homme se complaît dans la médiocrité, se gaussant de son inculture sportive comme un jeune fan de PNL le fait de sa syntaxe approximative. Mais le jeune a une excuse, il se lisse les cheveux. Lui, n’en a aucune sinon sa propre satisfaction et la joie de gâcher la fête. Patrick est la sainte trinité du commentaire sportif : père de la bêtise, fils de la démagogie et saint-esprit de l'incompétence.

"Le Laurent Weil du sport, prêt à tailler un pompier au premier athlète français qui franchira la porte du petit studio"

Patrick se targue d’aimer le sport mais c’est faux, ce qu’il aime avant tout c’est la France, les Français et les athlètes français. Les autres il s’en bat les cacahuètes. Il préfère s’obstiner à commenter la dérive de Bob Tahri coincé en queue de peloton d’un 3000 steeple plutôt que de nous donner le nom du médaillé d’argent. Patrick Montel est la nullité même faite journaliste. Mais s’il n’y avait que ça, ce serait supportable mais non, le pire reste à venir. Ce qui le rend plus insupportable qu'un pet foireux dans un caleçon immaculé, c’est sa faculté à tutoyer absolument tout le monde, à se prendre pour le meilleur ami des sportifs. Comment dire Patrick… On se fout que tu penses que Mahiedine Mekhissi-Benabbad est un bon gars. Oui tu lui donnes un petit surnom mais tu n’es pas son ami, il n’est pas ton ami, nous ne sommes pas tes amis, nous ne sommes pas ses amis. Tu es pénible Patrick. Je ne te reproche pas d’être d’une vile incompétence, je te reproche de ne pas t’en rendre compte et te prendre pour un expert, une sommité, un mec qui sait. Non tu ne sais pas. Tu peux crier, tu peux hurler en direct, tu peux chialer, tu ne seras jamais plus qu’un téléspectateur autorisé à donner son avis au plus grand monde. Tu es une page Facebook, un compte Twitter, rien de plus. Le Laurent Weil du sport, prêt à tailler un pompier au premier athlète français qui franchira la porte du petit studio. Et oui Patrick, tu vois maintenant comme il est agaçant de se faire tutoyer par quelqu’un que l’on ne connaît pas.

Puis Patrick Montel se permet de dire du mal des gens compétents et se frite avec Nelson Monfort. Comment peut-on se mettre à dos Nelson Montfort ? Enfin, Patrick est un récidiviste. La triple peine est du pain quotidien pour lui. Régulièrement il refait parler de lui, pas plus tard que ce dimanche où son ignorance entraîne avec elle le pourtant respectable Bernard Faure, sombrant dans le colonialisme crasse. Et il ose parler de respect… Oui, tu nous les brises Patrick ce qui n’est, en soi, pas très grave. Mais briser le rêve d’un homme, ça l’est beaucoup plus.

Ah ce serait tellement bien s’il pouvait cracher son fiel, s’il était nul, bête et méchant. Mais non lui est nul, gentil et mou, ce qui est bien pire. Puis que dire de ce rire niais, de cet air de ravi de la crèche ou de cette coiffure à la Lloyd Christmas. On n’attaque pas le physique, je sais, c’est fourbe, bas et d’une petitesse à peine égale à l'objectivité sportive de Patrick mais là, Roland Garros va bientôt commencer et vraiment, je suis à bout.