L'humanité devient de plus en plus conne : la prophétie du film Idiocracy

L'humanité devient de plus en plus conne : la prophétie du film Idiocracy

Je ne sais pas quand la rupture a eu lieu. A la base je suis fort friand des émissions pseudo orchestrées dont la TNT nous nourrit chaque jour. Quoi de mieux en effet que de rire de la vie de chiotte d'une enfant de la DASS vivant à Béthune dans un T1 bis avec son champion de mec prêt à mourir pour la cause du tuning et des figurines Titi. Au-dessus c'est le soleil mec. J'ai même, dans un élan d'ennui, déjà appelé, ivre, le répondeur de confessions intimes. Jamais été recontacté. Mon imitation d'un Chinois Toulonnais adepte du lift et terriblement jaloux de sa copine strip-teaseuse à la Macumba locale devait être du même niveau zéro que ma soirée. Tout cet univers était il y a encore peu de temps une institution à la maison. Chips-cocktail-NRJ12. Mais j'ai fini par décrocher. Pas que de pointer du doigt l'absolue nullité du quotidien de ces vainqueurs nourris à la frite ait fini par me lasser. Non. J'ai juste l'impression que le niveau s'est durci. Au point que la bêtise s'est d'abord vue valorisée puis institutionnalisée. Comme si être une courge était désormais la base de toute production télévisuelle. Cette normalisation des pinceaux préférant pomper que d'apprendre à écrire a eu pour conséquence de banaliser ce qui était jusqu'ici caché puis moqué : la bêtise. Celle-ci semble, qui plus est, dépasser le cadre du simple petit écran pour mieux se répandre insidieusement dans notre quotidien.

 

"Se rendre sur Twitter et lire les trending topics c'est à coup sûr se donner envie d'ouvrir son bide à la truelle"

 

Alors, ok, mon ressenti se base au final sur peu de choses. La télévision d'une part, soit une fenêtre bien étroite pour juger de l'avènement d'une tendance sociétale, et les réseaux sociaux d'autre part, où n'importe qui peut désormais repeindre la toile du fond de slip qui lui sert d'opinion. Deux médias pas forcément représentatifs du niveau intellectuel d'une nation. Bien sûr se rendre sur Twitter et lire les trending topics c'est à coup sûr se donner envie d'ouvrir son bide à la truelle. Bien sûr lire les commentaires des sites d'actualité c'est à coup sûr être confronté à de gros lourdingues voulant partager leur banane avec notre ancienne garde des sceaux. 

 

 

Mais c'est oublier qu'Internet ne se résume pas à des justiciers d'une France plus blanche ou à un type vantant son blog de tuning de Renault 11 dans le Val d'Oise. Malgré tout, de ces deux "espaces d'expression" j'en ressors toujours avec cette curieuse sensation, devenue depuis conviction : la bêtise est devenue le centre de tout. Nabilla comme pointe d'un iceberg qui nous dépasse ? Et pourquoi pas.

 

"La boucle est bouclée, nous redevenons progressivement des singes."

 

La multiplication des sites où le viol de l'orthographe est tendance et le surnombre des émissions où se faire déflorer sur un air de David Guetta est un objectif de vie ont peut-être eu raison de mon jugement. Toutes ces merdes viennent sûrement parasiter mon objectivité. Seulement je ne peux m’empêcher de penser que tout ceci est symptomatique d'une société basée sur l'instantanéité rejetant par principe toute réflexion dépassant les 140 caractères. Puis les faits me donnent raison : baisse générale du niveau scolaire, recul du niveau intellectuel, évolution dégénérative, simplification de l'orthographe, PNL ... Tout prête à penser que cette surreprésentation médiatique de la bêtise n'est en fait que le reflet d'une société de plus en plus débile. A moins que je ne fasse qu'enfoncer des portes ouvertes ? Génie conspué - imbécile populaire, rien de bien nouveau vous me direz.

La différence entre un passé prétendument plus voué à la réflexion et une modernité condamnée à manger sa merde serait éventuellement qu'être con aujourd'hui est plus visible voire même valorisé. Le buzz est l'oeuvre de grands gogoles. Les scientifiques n'intéressent personne. Mais les centres d'intérêt de la masse ne sont pas forcément représentatifs de son niveau intellectuel. Les contre-faits sont là : l'analphabétisme mondial diminue, la scolarisation progresse... Les pôles éducatifs semblent donc se rééquilibrer à l'échelle de la planète. 

Je suis un peu perdu dans ma réflexion. Le monde devient-il bête ? Le problème étant que j'ai dû atteindre le plafond de mon intelligence. Me rendre compte de mes limites ainsi que de celles de mes contemporains m'effraie et m'empêche de vous offrir une conclusion construite. Je me laisse donc divaguer en vous exprimant un ressenti, et non une vérité. Mon optimisme me pousse à croire que nous assistons à un nivellement par le bas de notre société. Le déclin c'est maintenant. La boucle est bouclée, nous redevenons progressivement des singes. Cela ne vous rappelle pas un film ? Fêtons donc ma pensée limitée et limitante sur un air d' "Il fait chaud" de Patoche, pénard, la bite à l'air. 

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