Beats durs et bites molles : mes mémoires du dancefloor berlinois

Beats durs et bites molles : mes mémoires du dancefloor berlinois

Je vis et me marre bien à Berlin. Entre deux chorés sur des dancefloors moites, il m'arrive de fort belles histoires. Je vous livre le fruit de mes rencontres décalées et de mes interactions permises par le contexte ouvert et tolérant de la vie nocturne locale.


Vilain le chien


C’est dimanche, je m’amuse au Berghain avec les copines. Je me balade dans un body un peu classe. Je me dirige vers le petit bar pour aller me chercher un shot. Entre le bar et les chiottes, je tombe sur un mec tout nu avec des stripes en cuir, qui a l’air de ne pas savoir quoi faire de lui-même et qui tient une laisse dans la main : la sienne. J’aime bien balader les mecs en laisse. Je la lui prends des mains et je l’appelle Cookie. Je me mets à lui hurler dessus :
 

« You’ve been a bad dog, Cookie ! Bad bad doggie ! ».


Il se met à quatre pattes direct, le cul bien en arrière. Je lui mets des fessées carrément vénères en lui criant dessus. Ma main commence à chauffer alors je lui dis :
 

« Come on, let’s go for a walk. »


Je pars promener mon chien, je traverse le club à grandes enjambées, je surkiffe. Au bout d’un moment, je me retourne vers Cookie et je constate que sa laisse n’est pas accrochée à son cou, mais à sa bite. Déjà, je dois être dans un sale état pour ne pas m’en être aperçue plus tôt mais surtout je suis trop désolée ! Je lui demande si je ne lui ai pas fait mal, peut-être que j’ai marché un peu vite, blabla. Il me répond un truc à moitié en anglais, à moitié dans une langue indéterminée, je ne comprends rien mais il n’a pas l’air contrarié. Je m’accroupis pour détailler l’attirail : il a une petite cage autour des couilles et de la bite avec un cadenas dessus.

Au bout d’un moment, je me retourne vers Cookie et je constate que sa laisse n’est pas accrochée à son cou, mais à sa bite.

Je suis trop intriguée, j’ai jamais vu ça. Ma copine Louisa est dans les parages (elle me dira plus tard qu’elle me trouve un talent particulier pour le promenage d’humains et je n’en suis pas peu fière). Je l’appelle :
 

« Guuurl ! Come here ! Look at this ! »


et je pointe la cage à bite. Le mec me dit « I have a little… » et il fait le signe petit avec les doigts. Dans ma tête ecstasiée, je comprends bêtement que l’attention qu’on lui porte lui file une petite érection et que ce n’est pas compatible avec son petit dispositif. Il insiste en disant little. Aaah, il a une petite bite ! Get it. Je m’accroupis à nouveau devant sa bite en cage et j’y glisse un doigt. La cage doit mesurer cinq ou six centimètres de long. Je dois enfoncer mon doigt jusqu’à la moitié avant d’atteindre son gland. NO KIDDING. FACT. Je savais que ça existait les micro-pénis mais je n’en avais jamais vu auparavant. Et ses couilles sont de taille classique. Je fais signe à Louisa qui s’accroupit à côté de moi, on a toutes les deux la tête au niveau de la cage à y glisser nos doigts. Bon, ok, « come with me for an other walk ». Je veux montrer mon chien à mes amis, je vais les rejoindre où ils squattent la plupart du temps, entre les darkrooms et le DJ booth. Il essaie de me parler, mais vraiment je ne comprends rien, je ne détecte même pas dans quelle langue il s’exprime. Je l’amène devant ma copine Camille dont l’allemand est flawless, il lui répète ce qu’il essaie de me dire. Elle se tourne vers moi en disant qu’elle ne sait pas dans quelle langue il tente de parler, mais c’est pas de l’allemand. Bon, on s’en fout. Il se remet à quatre pattes, je le corrige à nouveau, mais là ça commence à m’ennuyer un peu.

C’est beaucoup de responsabilités un chien, je ne sais plus trop quoi faire avec lui.

J’essaie de le rider, je lui colle mes fesses sur le visage, encore une petite fessée pour la route et ça y est, c’est relou. J’en ai marre de jouer, alors je veux refiler mon chien à quelqu’un. « Hey ! Do you wanna walk my dog ? » Je propose à tous les gens autour de moi, personne ne veut promener mon chien ! J’hallucine. Si on me proposait un tel truc, je serais trop contente. Les gens sont pas drôles parfois.

Je tends la laisse à une fille qui est un peu posée, adossée au mur. Par réflexe, elle tend la main et je mets la laisse dedans. Je vois bien qu’elle n’a pas capté ce qui est en train de se passer. Ses yeux suivent la laisse et atterrissent sur la mini-cage. Je me casse et elle me suit :
 

« Hey ! Erm, actually, I was leaving, soo… »


Elle me fait marrer parce qu’elle ne pense pas à rendre la laisse à Cookie, ou juste à la lâcher, comme si c’était un vrai chien. Je trouve ça cute.
 

« Ah no ! It’s your dog now, it’s your problem ! »


La fille finit par rendre sa laisse à Cookie et il est là, à me regarder, sa laisse dans la main, la bite dans sa cage. Il a encore envie de jouer peut-être, je ne sais pas, je ne détecte aucun message dans ses yeux canins. Je conclue la rencontre par un « call me » en faisant un téléphone avec ma main droite avant de m’enfoncer dans la foule. C’était quand même un gentil chien ce Cookie.


Je porte les mêmes sous-vêtements que toi
 

Mon ami Broke et son mec Mathieu me rendent visite de Paris. Je les amène au Schwutz pour une soirée de rigolade easy going. On est OTOP, Broke porte mon catsuit léopard - il est super - et moi un catsuit dentelle/résille. Ça ressemble à des bas et porte-jarretelles, mais c’est une combi intégrale. On rentre easy, il n’y a personne à la porte. On s’envoie quelques shots, un ptit bout d’ecsta, party time. On shake nos booties sur de la musique vraiment moyenne. On rigole, on est contents d’être ensemble. Alles gut. Un mec s’approche de moi et me dit vite fait dans l’oreille :
 

«  I’m wearing the same underwears  ».


Puis il baisse furtivement un côté de son pantalon pour me montrer ses porte-jarretelles et ses bas résille. Il a un look plutôt classique. Il porte une chemise toute boutonnée, les cheveux super courts. Un peu strict. Et surtout, il n’a pas l’air hyper joyeux et il me semble bien qu’il est venu seul. On commence à parler.
 

«  But, why do you keep your pants on ? It’s a pity, show your tights !
- Yeah, but I’m shy.
- Oh c’mon... Who cares ?
Do it. Take them off ! »


À force d’insistance en lui hurlant dans l’oreille et en battant des mains, il le fait. Il enlève son froc et le garde à la main. Avec Broke, on l’applaudit en faisant des petites chorés de la victoire autour de lui. Il n’a pas l’air plus heureux. Mais en plus, il a l’air un peu con. Ça, je ne l’avais pas prévu. Il est là, à essayer de dandiner son corps frêle et raide, en chemise un peu informe, bas résille/chaussures et il tient son pantalon à la main. En vrai, ça pourrait aller mais ce qui lui donne un air un peu nouille, c’est qu’il semble ne pas s’amuser. Il a le visage fermé et le regard sombre. Il assume moyennement. Ou peut-être que c’est sa tête de d’habitude, ça j’en sais rien. Moi je suis en témon, je suis bien contente de l’avoir aidé à se libérer  et ça il l’a bien capté. Alors il me dit :

«  I’m hetero, but I like to suck big cocks, it’s my fetish. »
Moi je suis à fond.
« Ok, I gonna find you a cock babe !
- Fine, but if you find one, you have to watch.
- DEAL ! »


Je pars en quête d’une grosse bite que ce garçon taciturne pourra sucer pendant que je le regarde faire en battant des mains et en m’envoyant des shots.

Il va s’asseoir dans un coin sombre où il m’attend.

Je vais voir tous les mecs que je trouve un peu mignons, j’interromps des conversations, balec.
 

« Hi ! Erm, are you gay ? »
La réponse est oui dans cent pour cent des cas.
« Well, I’m with a friend here who loves to suck big cocks. So, if you wanna have your dick sucked, go near the sofas over there, he’s waiting. And me, I gonna watch ! »


Et je fais certainement un sourire gigantesque comme si j’allais avoir un van Barbie à Noël, les deux pouces en l’air.
 

« Ah no, thanks, I’m good.
- Ah too bad, I just had a blowjob, too late. »


Putain ! Personne veut se faire sucer la bite ! Je dois mal m’y prendre. Entre temps, le mec en question s’est pointé et il attend au fond de la pièce. Il ne fait vraiment aucun effort pour avoir l’air sympa, il ne m’aide pas du tout. Moi je suis inarrêtable. Je demande encore à un autre mec si ça l’intéresse ; sans surprise, il me dit que non, mais il me demande si je sais où pécho une pill. « No, sorry. Ah wait ! » Il me reste un bout d’ecsta emballé dans du cellophane planqué dans ma culotte et j’ai clairement pas l’intention de le prendre. Je plonge la main dans ma combi, attrape le petit paquet et le lui tends. « And, as a bonus, you’ll know how a pussy smells. » Il rigole, me dit merci et se casse. Mais toujours pas de bite en vue. Je vais retrouver le mec qui fait toujours la gueule dans son coin (je l’appelle le mec parce que je ne me souviens plus de son nom, peut-être que je ne l’ai jamais su).
 

« I’m sooorry, I couldn’t find anyone.
- I think you are trying too hard. It’s fine. ».


Je suis déçue mais bon, whatever. Je danse, je m’amuse.

Je vois un mec trop beau, genre Leonardo DiCaprio back in the days. Il est certainement très jeune aussi. Pas grave, j’aime bien. Il danse trop bien. Je m’approche, on danse ensemble. Je lui dis que je le trouve hot, il me dit qu’il est gay (of course), mais il est beaucoup trop flawless pour que je parte comme ça. On ne sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher (lolilol). On continue à danser ensemble, lui il est à fond dans le game, on se fait des postures de divas, on vogue et j’essaie de m’approcher de plus en plus. Je lui touche le torse. Omagad. C’est comme caresser le paradis. Il est derrière moi, un peu serré, je m’applique de ouf sur mon déhanché en essayant de lui frôler la bite avec mes fesses. J’ai l’impression qu’on a une connivence, je pense qu’il doit kiffer. Je tourne le regard vers lui avec mes yeux de biche à deux grammes. Il est effectivement toujours là, mais au lieu d’être focus sur ma croupe comme je le pensais, il est en train d’embrasser un mec. Putain... Vu de l’extérieur, ça doit vraiment être une scène de merde. La chagasse en full résille qui essaye de se serrer un ado et ledit ado qui s’en fout, mais qui lui a réussi à pécho. Nan ! C’est le mien ! Alors, j’ai eu un peu de chance sur ce coup là car il se trouve que le mec qui essayait de me piquer le p’tit jeune avait une sorte d’histoire avec mon coloc à ce moment-là et qu’on s’était vus le matin-même au petit-déj, alors il s’est cassé dès qu’il m’a reconnue. BUSTED ! Je propose à mon petit jeune d’aller boire un verre au bar avec moi. Il me suit mais me dit qu’il n’a pas d’argent. T'inquiète chéri, c’est moi qui t’invite.

Je suis à fond dans le rôle de la cougar.

On commande et je lui fais certainement un numéro de charme bien foireux. Le petit prend peur, il sent qu’il va se faire manger tout cru. Il boit son verre d’un trait et me dit qu’il doit rentrer, un truc comme ça. Il file. Ah, too bad. Tant pis. Je retrouve Broke qui n’arrive pas à se dépêtrer du mec en bas résille. « Putain, il est collant un peu ton copain », mais il se radoucit direct quand le gars propose d’aller se faire des lignes aux chiottes. Je dis que je n’en veux pas mais que je les accompagne. On est à trois dans le chiotte exigu. Pendant que le mec prépare les lignes en faisant l’apologie de la coke, on papote un peu avec Broke. Le mec se met trop en colère :
 

« YOU DON’T SPEAK FRENCH IN FRONT OF ME ».


Moi j’en n’ai rien à foutre, je lui claque juste un : « Deal with it dude. » C’est vrai qu’il commence à gonfler. Ce n’est pas de notre faute si personne ne veut te sucer mec ! Il est de plus en plus creepy. On sort, je marche derrière lui et je vois une énorme étiquette qui dépasse de son porte-jarretelles.
 

« Dude, you should cut that, it’s disgraceful
- No I can’t coz it belongs to my girlfriend. She will notice I if I do so
- Well, even for her it would be nice you know. »


C’est vrai qu’il devient maxi collant, ce qui ne serait absolument pas un problème s’il n’était pas si dark. On commence à songer à partir avec Broke, pas à cause de lui, juste on en a marre. Il nous propose d’aller fumer de la weed chez lui. Broke est in. Je lui fais des signes qui disent MAIS NAAN MAIS T’ES FOU OU QUOI ?
 

« Bah chsais pas, c’est cool !
- Nan nan c’est pas cool mec. Je veux pas que tu fasses la une des faits divers demain. C’est clairement un déglingo ce gars. Si tu veux fumer de la weed, viens chez moi, j’en ai, mais va pas chez lui. En tous cas moi j’y vais pas.
- Ouais c’est vrai, t’as raison. Viens on se casse. »


J’ai toujours de bons conseils.

 


On a besoin d'une grosse bite ici
 

Je vais à cette party Same Bitches. C’est ma party préférée de Berlin. J’y vais avec le pseudo copain que j’ai à ce moment-là. C’est samedi soir, vers minuit ou une heure, le pire moment pour y aller vu que la party commence le samedi matin. C’est une after party du KitKat qui est voisin. Mais je m’en fiche parce que mon roomie Diego m’a trouvé une guest list. On arrive là-bas déjà un peu pompettes of course. Il y a une file bien dense qu’on skip direct.
 

« Hi, I have a guest list. My name’s April O’Neil.
- Nope, you’re not on it. Sorry. »


Fuck. On voit d’autres personnes se faire recaler de la même manière. Il se trouve que le DJ en question n’a pas donné sa liste. Voilà voilà. Super. Il fait froid, la file n’avance pas d’un millimètre. Mais on va rentrer. Je ne sais pas, je le sens, j’ai décidé. On reste devant la porte et au bout de quelques minutes un mec tout dégingandé, qui apparement bosse là, ouvre la porte et crie :
 

« Ok guys, it’s super full in there, so now we want a big cock. Who has a big one ?
- US ! » Et je lève le bras en pointant mon mec (qui a effectivement une bite massive).
« Ok, so you both, you get in ! »


Yeah ! Je fais un ptit coucou aux gens qui font la queue et on entre. Le grand mec veut voir, fair enough. Mon mec sort sa teub et le grand gars le check avec la lampe de son téléphone et en profite pour lui mettre le tampon dessus (je crois bien qu’il a pris une photo tant qu’il y était). Le tampon dit bitch. J’apprendrai plus tard que ce tampon lui convient tout à fait. Il me dit :
 

« But you, you still have to pay. » En donnant la thune, je dis quand même pour voir :
« What ? You know, he made me bleed once. I think I deserve to get in for free.
- Mmm... Ok. Give her the money back. »


J’ai envie que la situation soit équitable et que mon mec ne soit pas le seul à déballer son paquet.

Je demande au grand s’il veut voir ma chatte.
 

« Erm… Ok, sure !
- Do you know much about pussies ?
- Euh no, not much
- You are lucky. This is a good one. »


Il me check, il dit que c’est cool, mais je sens bien que c’est juste pour me faire plaisir et qu’en vrai il s’en fout un peu. Il remballe sa lampe et nous dit :
 

« Follow me in guys ! »


On traverse le jardin, on entre dans le club et on arrive au bar avec lui. On veut lui offrir un verre pour le remercier de sa coolitude. Lui, il s’en fout encore plus que de ma chatte, il nous met une pilule d’ecsta dans la main et se casse. On ne le revoit plus. 2high 2care.