Un autre article sur le capitalisme que vous ne lirez pas

Un autre article sur le capitalisme que vous ne lirez pas
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lhuz

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Le

« Nous appelons esprit du capitalisme l’idéologie qui justifie l’engagement dans le capitalisme »

C’est de cette phrase que je partirai, extraite du livre de Luc Boltanski et d’Ève Chiapello, tous deux directeurs d’études à l’EHESS, elle permet d’introduire le néo-libéralisme comme décrochage fondamental avec l’état encore larvaire du simple libéralisme.

Il faut voir le néo-libéralisme comme une fantastique économie pour ce que, avec un peu de simplisme, on pourrait appeler « le Système », nouveau nom certes truffé de sous-entendus mais tellement plus aisé à utiliser et ayant surtout l’avantage d’être flou quand il s’agit de décrire le Capital. Le néo-libéralisme est un double mouvement : celui de la carotte et du bâton. C’est une éducation constante des masses vers la rentable ignorance de ses rouages. Bâton tout d’abord, par la constante décrédibilisation des modèles véritables de la pensée de gauche assumée que sont ceux des idéaux communiste, trotskiste, voire anarchiste. Ce bâton c’est celui de la culpabilité. Celle de penser hors des cadres imposés, tant ceux des divers moules néo-libéraux que ceux jamais révolutionnaires, non-militants car plus mollement subversifs que critiques – une pensée finalement plus molle qu’hésitante.

Carotte ensuite, par le passage d’un affect purement extrinsèque à un affect intrinsèque à l’individu pour le Capital. Selon ce que souligne Frédéric Lordon (CNRS) dans La Société des affects, le Capital commencerait à employer une stratégie tout à fait nouvelle et bien plus pernicieuse pour nous apprendre à l’aimer… Plus simplement nous apprendre à l’apprécier pour ce qu’il nous apporterait, mais ce pour qu’il serait ou voudrait être. En clair : ne plus passer uniquement et notamment par l’accès à la consommation de masse, où le travailleur orientait son affect sur les produits de consommation, produits qui nous attirent par mimétisme et qui ne sont accessibles, justement, que par le salaire que procure le travail, donc l’engagement forcé dans le capitalisme. À la place (ou en plus), le Capital nous demande visiblement de l’aimer par la passion pour son travail, se démarquant en ce point réellement du libéralisme classique.

C’est ainsi que l’on voit fleurir partout des messages pour plus de collaboration dans les entreprises, de solidarité entre les collaborateurs, presque de fraternité. Fraternité, car l’entreprise se veut devenir une nouvelle famille. Famille avec laquelle on passera ses journées et puis, si possible, ses soirées, peut-être ses nuits ; non plus entre collègues travailleurs, mais entre véritables amis collaborateurs. Le tout pour le plus grand bien (et profit) de l’entreprise. Et moi j’aime l’Entreprise cette entreprise qu’il faut défendre, de la plus petite PME maltraitée par l’impôt aux grandes banques dont il faut organiser le sauvetage. Mais l’entreprise n’a rien d’aimable. Le mouvement actuel, directement décrit dans les techniques de management enseignées aujourd’hui comme telles, est de gommer les hiérarchies pour rendre en apparence plus douce l’entreprise et les relations de subordination qui y sont le corollaire immédiat de la division des tâches. Le passage sans cesse déclamé à des organisations horizontales ou multi-scalaires plutôt que verticales est un leurre, car encore longtemps il faudra décider d’un salaire et, pour décider, il faudra encore un qu’il y ait un décideur.

Mais pour lisser, flouter toutes les relations entre les individus au travail, il faut faire disparaître le Droit. Et notamment celui de propriété des moyens de production. Et il faut bien remplacer ce Droit par quelque chose, à mettre en vitrine et à exacerber au point d’en faire implicitement un pilier moral plus durable encore que le Droit. Ce pilier, ce sont les Valeurs.

Formidable outil que sont les Valeurs pour accompagner cette dilution des hiérarchies dans l’entreprise. Formidable car, même si elles revêtent la rigueur du Droit, elles apportent au Capital ce dont il a besoin en termes de conditionnement des travailleurs, mais aussi en termes de flexibilité. Car des valeurs se discutent. Le Droit, lui, est formalisé et formel, écrit et inaliénable et ne se discutera donc pas. Ainsi la valeur n’est plus un principe de vie afin de se canaliser soi-même, il s’agit à présent d’un moyen mis en place par l’extérieur afin de canaliser l’ensemble des individus au sein des structures néo-libérales. Là encore, on assiste à un habile transfert de la pression politique exercée extrinsèquement par le Droit et la violence légitime à une pression sociale exercée principalement intrinsèquement par l’individu soumis à un ensemble de Valeurs qui lui sont pourtant dictées par le monde extérieur.

Ainsi disparaissent toujours plus facilement le patron, le propriétaire et l’actionnaire dont l’action devient lointaine, diffuse au sein de grands plans de réorganisation, et avec qui le dialogue ne passe plus que par l’(in-)action syndicale, les méandres d’un secrétariat ou d’une fiche de paye. Ces grands soleils, dont les chauds rayons nous rappellent pourtant constamment la présence, s’éclipsent à mesure que les pyramides semblent fondre de l’intérieur et que nos supérieurs deviennent nos managers.

Pour autant, la hiérarchie semble être une fatalité, car il est plus aisé de la fourrer sous le tapis que de la faire définitivement disparaître et, pour le Capital, l’économie est souveraine. De rares alternatives pourraient exister, jouant le jeu de prises de décision démocratiques, mais le Capital (du latin « caput », la tête) a besoin de décideurs, de responsables, de représentants à la tête de décisions qui seront toujours plus siennes que nôtres. D’où le lien fondamental entre émergence du capitalisme et déformation puis usurpation démocratique.

Benjamin Constant (dans son discours De la Liberté des Anciens comparée à celle des Modernes) nous enseigne que la démocratie réelle a disparu avec l’antiquité, avec l’émergence et la stabilisation du Commerce qui détourne par intérêt matériel et personnel les individus de l’exercice politique. N’ayant plus le temps de s’occuper eux-mêmes de leur sort politique car trop occupés à gérer leurs affaires, ils le remettent entre les mains de professionnels, futurs bureaucrates et politiciens, et d’individus deviennent des travailleurs. Ainsi disparait la politique démocratique partagée au profit de la politique politicienne individuée et représentée, corruptible à dessein pour les besoins du marché. Ainsi disparaît la chose publique pour être remplacée par l’affaire privée qu’est le Commerce. Ainsi la décision politique devient monnayable car professionnelle. Ainsi naissent les lobbies et meure la République.

Le reste n’est qu’une explosion. Une généralisation à toutes les structures de la société. À la fin du XVIIIème siècle en Europe, l’émergence bourgeoise tutoie les monarchies, la fin de la royauté amène au pouvoir, pour substitut hiérarchique suprême, l’entreprise capitaliste et ses médias, ses politiciens et ses groupes d’influence. Tous passeront avant un peuple dépossédé du Vote au profit de l’Élection – bien différente. Les politiciens infantiliseront le peuple, le désignant comme ignorant en regard de députés n’étant pourtant manifestement pas omniscients. Edwy Plenel nous le rappelle d’ailleurs, l’argument de la compétence pour définir le peuple comme incapable de prendre des décisions politiques est un terrible mensonge : dans les tribunaux, les jurés tirés au sort restent constitués de gens du peuple et, il y a quelques décennies encore, ces mêmes jurés prenaient parfois des décisions de vie ou de mort. Pourquoi dénier cette compétence collective quand on en vient à la politique ? Comment croire disparu l’imaginaire athénien d’une société, bien critiquable par ailleurs, mais qui avait foi en un esprit collectif qui rendra tout le monde plus intelligent, en tous cas plus intelligent qu’une seule personne exerçant le pouvoir de décider. « Moi, président… ». Pourquoi refuser le tirage au sort, incorruptible et équitable, si ce n’est pour des raisons de domination ?

Mais non. Le bourgeois devenu politicien se débarrasse du peuple qu’il n’appellera plus que sporadiquement dans sa vie vers des urnes qui, si elles ne sont pas trafiquées, le seront de toutes les manières suffisamment grâce à l’action propagandiste des entreprises, déversant l’argent des campagnes électorales dans les urnes comme autant d’investissements. Rapidement, l’argent se répand et structure une société qui, car démocratique était égalitaire, en une masse de travailleurs très majoritairement pauvres. La gestion politique passe définitivement aux mains des familles industrielles qui s’improvisent politiciennes, manipulant à travers la gestion du peuple leurs propres travailleurs et ainsi l’organisation toute entière du marché. Pour se faire, Bourdieu le démontrera dans La Noblesse d’Etat : grandes écoles et esprit de corps, il suffira de noyauter la filière scolaire et plus particulièrement de l’Enseignement Supérieur, dont les programmes académiques seront désormais calqués sur leur propre modèle socio-culturel et auquel la République devra faire aspirer tout travailleur en quête d’insertion, chose bien aisée pour quelqu’un venant déjà de ces milieux (phénomène que Bourdieu nomme hystérèse de l’habitus).

Plus simplement, dans le monde anglo-saxon, l’accès à l’Enseignement Supérieur restera censitaire avec des frais de scolarité poussant les familles à l’endettement ; modèle de la privatisation d’ailleurs en cours d’instauration en France, via le nouveau marché éducatif développé par les habituels investisseurs institutionnels, comme le rapporte l’analyse de Nico Hirtt : Les nouveau maîtres de l’Ecole , l’enseignement européen sous la coupe des marchés. Afin de légitimer l’évidente hypocrisie de l’« Ecole Républicaine », il appartiendra au Capital de dresser en exemples des exceptions (députés ou entrepreneurs minoritaires, issus des classes populaires, ayant « réussi » au sein du modèle) pour justifier à la foi le bon fonctionnement de la Démocratie représentative mais aussi de la méritocratie.

Or la méritocratie forme le ciment de l’idéal que porte le libéralisme. Venue tout droit de la pensée cartésienne – qui est la base d’une rationalisation du monde et donc un fordisme avant l’heure –, la méritocratie justifie presque à elle seule l’engagement dans le capitalisme. Elle est intimement liée à l’individualisme d’un individu autodéterminé, potentiel self-made-man, gommant toutes les chances portées selon toutes vraisemblances par les structures que décrit Spinoza : l’homme est déterminé et, comme le corroborent les neurosciences, le libre arbitre est un trompe-l’œil ayant servi de lubrifiant pour la carotte. Si le mérite n’existe pas, alors la méritocratie n’existe pas. Et donc la « sélection » – que dénonce le pourtant polytechnicien Albert Jacquard – alors même que tout le monde l’emploie ou croit l’employer, n’existe pas non plus. L’égalité des chances est un parfait oxymore et rien de plus qu’un coupable idéal bourgeois.

« L’école est le pilier de l’égalité républicaine ». Voilà ce qui nous est servi dans n’importe quel programme électoral, fruit d’une pensée unique dominante, truffée de lieux communs et de termes issus de la langue de bois, prête tant à être gobée que consommée. « L’école instaure l’ignorance ».

Le sens est tout autre et c’est le postulat de Noam Chomsky (linguiste au MIT) qui, s’il est sorti de son contexte, vous fera indubitablement passer pour un ennemi certain de la République, parfait fasciste et déplorable provocateur. La phrase est courte, autant que l’autre. Pourtant il faut passer par la lecture d’ouvrages entiers pour l’expliquer, la comprendre et finalement s’en convaincre. Et c’est là le piège de la concision propre à la pensée unique : l’individu baignant dans les lieux communs doit s’en détacher avec lenteur, avec difficulté, comme on remonte un fleuve boueux à contre-courant, à la recherche des causalités.

La question se pose très sérieusement, par ailleurs, de savoir à quoi sert désormais l’éducation, telle qu’elle est transmise à travers les différentes structures scolaire, médiatique ou culturelle. Jean-Claude Michéa pose dans L’Enseignement de l’ignorance que l’Éducation actuelle, telle qu’elle a cours en France, est l’héritière directe de Mai 68 , instillant dans les mœurs une libéralisation (le terme est plein d’ironie) qui apportera au capitalisme ce dont il avait besoin pour devenir néo-libéralisme et s’ancrer dans les esprits comme individuation des travailleurs hors des organisations collectives, éléments d’une société définitivement fragmentée. Cet héritage porte le germe d’un abrutissement généralisé des élèves, hors de toute initiative de politisation des individus (consistant en une compréhension politisée du monde et de son Histoire – et non pas l’apprentissage de dates historiques décorrélées de toute signification), mais également d’un respect des structures institutionnelles assimilé afin de mater tout possible esprit révolutionnaire.

L’autre fonction de l’École est devenue la sélection. Sélection, je le disais, qu’Albert Jacquard fustige car intimement liée à l’esprit de compétition qui ne devrait pas avoir sa place dans l’enseignement. Sélection qui prépare donc à la compétition du monde des entreprises capitalistes et qui ne permet à aucun moment aux individus de s’envisager comme potentiels collectifs et donc a fortiori comme potentiels syndicats. Cette sélection se retrouve par ailleurs à l’entrée dans le système professionnel, comme l’explique Franck Lepage : celle-ci génère inévitablement un chômage de masse qui devient structurel. Celui-ci permet l’établissement d’une pression constante sur les travailleurs, menacés de chômage et qui, à niveaux de compétences pourtant différents accepteront tous le salaire le plus faible envisageable pour obtenir le même poste. Lepage prend l’exemple de trois secrétaires candidatant à un même poste : l’une est trilingue, l’autre bilingue et la troisième ne parle qu’une seule langue. La fonction est basique et ne nécessite l’emploi que d’une seule langue pour coller des timbres toute la journée, pourtant c’est la secrétaire trilingue qui obtiendra à coup sûr le poste, gâchant à la fois ses capacités réelles dans un travail abrutissant et empêchant par ailleurs inévitablement aux deux autres secrétaires d’obtenir le poste et donc a fortiori un emploi à la mesure des qualifications de la secrétaire trilingue. Elles sortiront donc définitivement du jeu pour reproduire les mêmes effets sur des postes à niveau de qualifications moindre. Ainsi, pour l’insertion d’une personne dans le système professionnel, deux en sortiront en bout de chaîne, déclenchant le cycle du chômage structurel de masse qui entraînera les salaires à la baisse et la course à une sur-diplomation des travailleurs, forcément abrutissant en regard de leur surqualification.

Or la principale menace qui pèse sur les sociétés occidentales, c’est le chômage (pour les pays du Sud, c’est encore davantage la dette). La peur du chômage permet de modeler les sociétés, mais aussi leurs politiques économiques ; car n’importe quel économiste le sait, chômage et inflation sont intimement liés : si on lutte contre le chômage, l’inflation explose. Et nul ne peut décemment croire que le Capital a peur du chômage, bien au contraire, il confine les populations à la peur, les soumet à sa main nourricière et les rend dépendantes des subventions étatiques : en d’autres mots, les asservit totalement. Je renvoie pour cela au combat terriblement légitime d’Étienne Chouard sur les liens entre création monétaire par le Crédit et endettement, puis vous conseille également d’aller jeter un œil inquisiteur sur les ravages que l’article 123 du Traité de Lisbonne a fait aux états et à leurs dettes publiques, tout cela à l’instigation de grandes banques privées (la banque Rothschild en tête) qui ont littéralement dépossédé de tout pouvoir réel les Banques Centrales.

La dette, quant à elle, est détenue de façon extrêmement majoritaire par les banques, fonds de pension et OPCVM et se monnaye quotidiennement sur les marchés financiers. Cette dette appelle un impossible remboursement et donc tant à un impératif de croissance (donc de soumission toujours plus forte au Capital et aux entreprises) qu’à la réduction de ce qu’on appelle les « déficits publics » – pour éviter de parler de services publics. En grossissant le trait (mais pas trop), on déplace le peu d’argent que les pauvres gagneraient en travaillant vers les poches des riches qui les emploient. Par ailleurs, on diminue progressivement le peu qu’ils touchent des aides d’état, ce dans le but n’attendant que d’être avoué de remplacer les services publics par des services privés qui iront encore enrichir les plus riches : retraites par capitalisation, cliniques et mutuelles complémentaires privées, établissements scolaires et d’Enseignement Supérieur privés, etc. …

Le salaire restera alors la seule source de revenu des plus pauvres, ne bénéficiant, eux, pas de la rente. Ce salaire, appelé « pouvoir d’achat » pour faire oublier le rôle que devrait avoir les entreprises dans celui-ci, devra bientôt être renommé « argent de poche » quand le Travail lui-même aura disparu. Dans le monde de la Banque jusque sur les chaînes de montage, partout l’automatisation tant informatique que robotique accompagne la prise de pouvoir des multinationales, creusant les chiffres du chômage. La machine, elle, produit plus et mieux, est aisément remplaçable, toujours responsable et travaille de nuit sans broncher. Tout le monde était d’accord quand on a volontairement fait disparaître les travaux manuels, répétitifs, dangereux ou ennuyants. Mais les profits ont augmenté et n’ont pas été redistribués, et le chômage a augmenté. Quand les patrons ne gagnaient en 1980 que 20 fois plus que les travailleurs en bas de l’organigramme, personne n’aurait pensé que ce chiffre s’élèverait aujourd’hui à plus de 350 (et ce n’est qu’une moyenne).

Aujourd’hui, la critique du capitalisme est omniprésente dans les esprits sans que jamais on ne le nomme (« c’est comme ça », « c’est la vie », « c’est le système qui le veut »…), mais culpabilisation des populations par la dette, pression sociétale par la menace du chômage et aliénation à son travail n’ont jamais été aussi fortes. En 2014, un Parti Socialiste en principe héritier du Front Populaire en vient sans vergogne à pouvoir remettre en cause le CDI en France, sous l’appel du pied d’un MEDEF ne représentant que les plus grosses entreprises. Il n’y a plus aucune honte. C’est un mouvement total, au sens de totalitaire, de soumission au Marché qui s’est mis en place ; mouvement total car ayant pris place dans la totalité des institutions et dans la totalité des corps jusqu’à l’aliénation du travailleur au système néo-libéral. Non plus seulement parce qu’il lui permet de consommer ce dont il désire au sein d’une société mimétique, mais parce qu’il le pousse à aimer le Capital, pour l’esprit qu’il serait censé véhiculer. Tout cela s’est fait lentement, au fil des régimes. Nul ne l’a vraiment vu venir, mais tous l’ont senti. Il n’y a pas eu de complot à proprement parler mais de réelles décisions politiques, de réelles accointances et une longue série d’intérêts personnels bien réels, de petites affaires privées désireuses de vivre dans la sécurité matérielle et de manger à leur faim. Puis, se rendant compte qu’elles peuvent exploiter leur prochain, jusqu’à plus faim.

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